Nous sommes tous des éléphants
Lorsqu’un éléphant sauvage était capturé, les dompteurs de l’Inde, ont une technique très troublante pour dompter cette puissance de la nature. En effet, ils se munissent d’une énorme chaîne et attachaient une des pattes de l’éléphant à un piquet profondément planté dans le sol. L’éléphant, alors, se débat des semaines et des semaines, criant, rageant, hurlant, pour retrouver la liberté de ses mouvements.
Les dompteurs peuvent mesurer la puissance dont disposait l’éléphant, à la durée de sa »contrariété », alimentée par la force de sa colère et de son désespoir, tirant sans cesse sur la chaîne le liant au piquet. Dans tout ce processus, les dompteurs lui apportent nourriture et eau, lui parlent. Au gré des semaines, l’énergie et la force de sa rage diminuent.
A un moment, les dompteurs retirent la chaîne pour mettre une solide corde. Ils laissent l’éléphant avec cette corde pendant plusieurs jours.
Ensuite, au bout d’un temps, ils mettront une corde plus fine. Puis une autre plus fine. Oui, à la fin, l’éléphant adopte un comportement troublant, il ne tire plus sur la corde, on pourrait dire qu’il en arrive à la croyance qu’il ne pourra jamais se détacher de ce lien et il décide de ne dépenser aucune énergie pour changer ce qu’il lui paraît inchangeable.
Et dans son « raisonnement », l’éléphant, se fait à l’idée, à la croyance qu’il n’y a aucune différence entre la chaîne et la corde toute fine dont il pourrait se libérer d’une simple pichenette. Le caractère inchangeable du lien au piquet est inscrit dans son esprit.
Ainsi, les dompteurs parviennent à disposer de cette masse de puissance capable de détruire une maison et l’attachent n’importe où à l’aide d’une simple et fine ficelle.
Cette petite histoire peut inspirer certaines réflexions : dans le système dans lequel nous vivons dans nos villes, nos cités, à combien d’ »indétachables » ficelles sommes nous, en apparence, « attachés » ?
Combien de dompteurs, gouvernant nos sociétés humaines, disposent de nous et de nos ressources ?
SOURCE : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nous-sommes-tous-des-elephants-102941
Les dompteurs peuvent mesurer la puissance dont disposait l’éléphant, à la durée de sa »contrariété », alimentée par la force de sa colère et de son désespoir, tirant sans cesse sur la chaîne le liant au piquet. Dans tout ce processus, les dompteurs lui apportent nourriture et eau, lui parlent. Au gré des semaines, l’énergie et la force de sa rage diminuent.
A un moment, les dompteurs retirent la chaîne pour mettre une solide corde. Ils laissent l’éléphant avec cette corde pendant plusieurs jours.
Ensuite, au bout d’un temps, ils mettront une corde plus fine. Puis une autre plus fine. Oui, à la fin, l’éléphant adopte un comportement troublant, il ne tire plus sur la corde, on pourrait dire qu’il en arrive à la croyance qu’il ne pourra jamais se détacher de ce lien et il décide de ne dépenser aucune énergie pour changer ce qu’il lui paraît inchangeable.
Et dans son « raisonnement », l’éléphant, se fait à l’idée, à la croyance qu’il n’y a aucune différence entre la chaîne et la corde toute fine dont il pourrait se libérer d’une simple pichenette. Le caractère inchangeable du lien au piquet est inscrit dans son esprit.
Ainsi, les dompteurs parviennent à disposer de cette masse de puissance capable de détruire une maison et l’attachent n’importe où à l’aide d’une simple et fine ficelle.
Cette petite histoire peut inspirer certaines réflexions : dans le système dans lequel nous vivons dans nos villes, nos cités, à combien d’ »indétachables » ficelles sommes nous, en apparence, « attachés » ?
Combien de dompteurs, gouvernant nos sociétés humaines, disposent de nous et de nos ressources ?
Combien de dompteurs, gouvernant nos sociétés humaines, disposent de nous et de nos ressources ?
SOURCE : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nous-sommes-tous-des-elephants-102941
Sur le même thème
VENEZUELA : MANIPULATION DE FAUSSES IMAGES POUR MONTER LA TENSION
Leave a reply
Leave a reply
Venezuela : manipulation de fausses images pour monter la tension
Venezuela : manipulation de fausses images pour monter la tension
C’est reparti, pour le Venezuela. Ils refont le coup des massacres Photoshop tout azimut. Les constructions du passé ressurgissent. Les couveuses du Koweït, le charnier Timisoara, le massacre de Loula, le gaz sarin de Goutha et bien d’autres encore, en un condensé de photos pour nous émouvoir sur le sort des putschistes Vénézuéliens. Par la magie de la photo, toute victime dans le monde, présente ou passée, devient vénézuélienne.
Petit conseil : si votre journal préféré diffuse ces photos et vous assure qu’il y a des massacres au Venezuela, désabonnez-vous.
Avic
C’est reparti, pour le Venezuela. Ils refont le coup des massacres Photoshop tout azimut. Les constructions du passé ressurgissent. Les couveuses du Koweït, le charnier Timisoara, le massacre de Loula, le gaz sarin de Goutha et bien d’autres encore, en un condensé de photos pour nous émouvoir sur le sort des putschistes Vénézuéliens. Par la magie de la photo, toute victime dans le monde, présente ou passée, devient vénézuélienne.
Petit conseil : si votre journal préféré diffuse ces photos et vous assure qu’il y a des massacres au Venezuela, désabonnez-vous.
Avic
SYRIE: LA LETTRE D’UN ANCIEN AMBASSADEUR DE FRANCE À FRANÇOIS HOLLANDE
Syrie: la lettre d’un ancien ambassadeur de France à François Hollande
Diplomate de carrière de 1972 à 2009, Pierre Charasse fut ambassadeur, notamment au Pakistan, en Uruguay et au Pérou, et a représenté la France dans de nombreuses instances internationales. Depuis le Mexique où, retraité, il réside, il vient d’adresser une lettre aussi ironique que cinglante à François Hollande sur la crise syrienne.
Mexico, le 2 septembre 2013
Monsieur le Président de la République,
Dans l’épreuve que subit actuellement l’humanité du fait de la présence d’armes chimiques en Syrie, vous avez pris la tête d’un grand mouvement mondial au nom de « l’obligation de protéger » les populations civiles menacées. Vous avez très bien expliqué dans votre discours du 27 août devant vos Ambassadeurs que c’était là la vocation de la France, comme elle l’a fait en Libye récemment, et qu’elle ne manquerait pas à son devoir. Votre détermination exemplaire devrait rapidement convaincre vos partenaires européens flageolants et les opinions publiques pleutres, en France, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et partout dans le monde, du bien-fondé d’une intervention militaire chirurgicale en Syrie.
Diplomate de carrière de 1972 à 2009, Pierre Charasse fut ambassadeur, notamment au Pakistan, en Uruguay et au Pérou, et a représenté la France dans de nombreuses instances internationales. Depuis le Mexique où, retraité, il réside, il vient d’adresser une lettre aussi ironique que cinglante à François Hollande sur la crise syrienne.
Mexico, le 2 septembre 2013
Monsieur le Président de la République,
Dans l’épreuve que subit actuellement l’humanité du fait de la présence d’armes chimiques en Syrie, vous avez pris la tête d’un grand mouvement mondial au nom de « l’obligation de protéger » les populations civiles menacées. Vous avez très bien expliqué dans votre discours du 27 août devant vos Ambassadeurs que c’était là la vocation de la France, comme elle l’a fait en Libye récemment, et qu’elle ne manquerait pas à son devoir. Votre détermination exemplaire devrait rapidement convaincre vos partenaires européens flageolants et les opinions publiques pleutres, en France, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et partout dans le monde, du bien-fondé d’une intervention militaire chirurgicale en Syrie.
TOUTE VICTOIRE D’UN PAYS SUR L’IMPÉRIALISME EST UNE VICTOIRE POUR LES OPPRIMÉS
Toute victoire d’un pays sur l’impérialisme est une victoire pour les opprimés
Toute victoire d’un pays sur l’impérialisme est une victoire pour les opprimés
Tribune libre Résistance
L’impérialisme a pris la forme d’un nouveau colonialisme entre 1870 et 1914. L’action des gouvernements d’alors consistait à imposer leur hégémonie sur d’autres pays pour les exploiter économiquement en assurant un contrôle total des ressources énergétiques et des exportations, surtout de capitaux.
L’impérialisme a divisé le monde en ce qui représente encore aujourd’hui la grande division de la planète entre pays riches et pays pauvres.
Comment faire croire que l’ère de l’impérialisme est derrière nous alors qu’il y a encore un tiers-monde ? Pourquoi les peuples autrefois dominés n’ont-ils jamais été en mesure de prendre leur envol ? La vérité est que l’impérialisme n’a jamais disparu. Ceux qui dirigent le cours économique de nos sociétés modernes l’ont simplement camouflé sous les oripeaux d’un capitalisme censé nous apporter le progrès et la civilisation. Nous sommes face à un colossal mensonge.
Le système mis en place par ceux qui sont actuellement aux manettes est complexe. La politique impérialiste a évolué au fil du temps pour se transformer et devenir l’odieuse globalisation que nous connaissons. Pour faire la lumière sur ce sujet, il est nécessaire de comprendre le système économique dans lequel les pays les plus développés du monde ont décidé de vivre : le capitalisme. Ce système, basé sur la libre entreprise privée dans un marché libre, a comme moteur le profit. Et ces entrepreneurs, pour créer du profit, doivent investir des capitaux (ou investir dans les moyens de production, ou acheter de la main d’œuvre, etc.) pour produire un bien et le mettre sur le marché. Une fois ce bien vendu, il engendrera du capital. Une petite partie de ce capital servira à couvrir les frais occasionnés par la production et une autre partie reviendra enfin dans l’escarcelle de l’entrepreneur : c’est le profit.
La principale caractéristique de l’impérialisme est l’inégalité criante de la société. Dans la catégorie la plus basse, la moitié de la population mondiale possédait en 2013 moins de 1 % de la richesse totale. Dans la plus haute, les 10 % les plus riches détenaient 86 % des richesses mondiales, et le 1 % le plus fortuné représentait à lui seul 46 % des actifs mondiaux.
L’économie des pays riches se base sur l’exploitation. Les ressources minières de l’Afrique, de l’Amérique latine et de l’Asie ne coûtent qu’à peine un dixième de leur valeur réelle du fait de la corruption, de l’endettement et de politiques visant à imposer la dévaluation des monnaies de pays déjà en situation de pauvreté. Pis, on emploie si besoin la force pour mettre en place des régimes, la plupart du temps dictatoriaux, qui contribueront à perpétuer ce cercle infernal au seul profit des pays riches… et des bourgeoisies compradores. Conséquences : les entreprises délocaliseront volontiers leurs entreprises dans ces pays en vue de diminuer les coûts de production (en exploitant au passage les autochtones) sans avoir les contraintes environnementales de leur développement.
Quelles peuvent être à long terme les conséquences d’un tel système ? Quand les barbares se firent de plus en plus menaçants aux confins de l’Empire romain, ce dernier aurait tout à fait eu les moyens de les combattre, mais les grands propriétaires terriens et les marchands qui constituaient le noyau économique de l’État ont rechigné à le faire car ils auraient dû payer plus de taxes pour financer l’effort de guerre en risquant au passage des dommages qui auraient pu ruiner leurs négoces. On peut aisément faire un parallèle avec les banquiers et les grandes entreprises d’aujourd’hui : ils contribuent à sucer le sang de la collectivité, de l’État par des mesures fiscales en leur faveur par le biais d’exonérations fiscales et autres paradis pour capitalistes (l’évasion fiscale est estimée à 26.000 milliards d’euros). La classe dominante agite aujourd’hui à l’envi la question de la dette pour accéder aux actifs de l’État et faire encore plus de profits. Les média jouent un rôle essentiel dans cette contre-révolution. Le démantèlement des services publics et les privatisations s’inscrivent dans ce cadre-là.
Ce système n’a cure des dommages qu’il cause aux plus faibles, catégorie dans laquelle on peut inclure en Occident les pauvres et ailleurs tous les exploités en prise avec les problèmes environnementaux et alimentaires quand ce ne sont pas tout simplement les guerres. Rien ne prédispose dans ces conditions à une société harmonieuse : les civilisations anciennes laissent la place à l’expression toute puissante de l’hégémonie occidentale aux niveaux militaire, économique, politique et culturel.
La croissance des États-Unis, l’imposition à des pays comme la Chine et le Japon du modèle occidental et la migration massive de populations sont les parties les plus visibles de ce processus. Les Européens considéraient comme prééminentes les conquêtes de leur propre civilisation dont ils se sont plus tard servie pour justifier l’esclavage et l’exploitation des Africains. Des hommes ont été vendus et marqués au fer rouge comme du bétail avant d’être séparés de leurs familles, achetés et privés de leur propre identité. La moindre révolte était réprimée dans le sang.
La lecture de Lénine fit coïncider l’impérialisme avec le stade suprême du capitalisme. Et il ne s’agit pas d’une simple coïncidence de l’histoire comme certains historiens le soutiennent. C’est l’expression de la nature la plus profonde de ce système économique. Écrite lors du premier conflit mondial dont on s’apprête à célébrer le centenaire, l’œuvre de Lénine dévoile l’essence de l’impérialisme et démasque les politiques des puissances impérialistes, les causes profondes de la guerre impérialiste, la trahison des dirigeants sociaux-démocrates qui se sont rangés du côté des impérialistes et, enfin, indique aux travailleurs que l’avenir passe par le renversement de l’impérialisme. Selon lui l’impérialisme est le stade monopoliste du capitalisme. En donnant cette définition, il l’illustre par toute une gamme de faits concrets. Il brosse ensuite le tableau des principales caractéristiques de ce stade monopoliste :
- La concentration de la production et du capital atteint un tel niveau que les monopoles jouent un rôle décisif dans la vie économique.
- La fusion du capital bancaire et du capital industriel a donné naissance au « capital financier » et à une « oligarchie financière ».
- L’exportation du capital s’est développée, se distinguant de l’exportation des marchandises.
- Les monopoles capitalistes internationaux se sont mis sur pied et se partagent le monde.
- Le monde entier est divisé entre les grandes puissances impérialistes.
Lénine décrit le processus de développement des puissances impérialistes. Il indique que l’exportation du capital donne un essor à l’annexion des territoires coloniaux et à l’oppression de millions de colonisés par la domination impérialiste. Les impérialistes se sont divisé le monde. Mais aucun partage du monde ne peut arriver à les satisfaire. La « loi du développement inégal », qui signifie que certaines puissances impérialistes prennent de l’expansion et dépouillent les autres, les pousse à exiger un nouveau partage du monde qui corresponde au nouvel équilibre des forces. C’est pourquoi l’impérialisme va de pair avec les guerres impérialistes. Lénine indique alors qu’avec l’impérialisme, tous les traits de parasitisme du capitalisme s’accentuent. Avec l’impérialisme, le capitalisme agonise et l’heure de la libération coloniale et de la révolution prolétarienne a sonné. Lénine explique aussi comment, dans les pays impérialistes, les surprofits réalisés par l’impérialisme sont utilisés pour corrompre une couche de la classe ouvrière, qui considère alors dans son intérêt d’être lié à celui de l’impérialisme.
« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ! », clamait Jaurès dans son dernier discours, le 25 juillet 1914. C’était il y a un siècle, c’était hier…
L’impérialisme a pris la forme d’un nouveau colonialisme entre 1870 et 1914. L’action des gouvernements d’alors consistait à imposer leur hégémonie sur d’autres pays pour les exploiter économiquement en assurant un contrôle total des ressources énergétiques et des exportations, surtout de capitaux.
L’impérialisme a divisé le monde en ce qui représente encore aujourd’hui la grande division de la planète entre pays riches et pays pauvres.
Comment faire croire que l’ère de l’impérialisme est derrière nous alors qu’il y a encore un tiers-monde ? Pourquoi les peuples autrefois dominés n’ont-ils jamais été en mesure de prendre leur envol ? La vérité est que l’impérialisme n’a jamais disparu. Ceux qui dirigent le cours économique de nos sociétés modernes l’ont simplement camouflé sous les oripeaux d’un capitalisme censé nous apporter le progrès et la civilisation. Nous sommes face à un colossal mensonge.
Le système mis en place par ceux qui sont actuellement aux manettes est complexe. La politique impérialiste a évolué au fil du temps pour se transformer et devenir l’odieuse globalisation que nous connaissons. Pour faire la lumière sur ce sujet, il est nécessaire de comprendre le système économique dans lequel les pays les plus développés du monde ont décidé de vivre : le capitalisme. Ce système, basé sur la libre entreprise privée dans un marché libre, a comme moteur le profit. Et ces entrepreneurs, pour créer du profit, doivent investir des capitaux (ou investir dans les moyens de production, ou acheter de la main d’œuvre, etc.) pour produire un bien et le mettre sur le marché. Une fois ce bien vendu, il engendrera du capital. Une petite partie de ce capital servira à couvrir les frais occasionnés par la production et une autre partie reviendra enfin dans l’escarcelle de l’entrepreneur : c’est le profit.
La principale caractéristique de l’impérialisme est l’inégalité criante de la société. Dans la catégorie la plus basse, la moitié de la population mondiale possédait en 2013 moins de 1 % de la richesse totale. Dans la plus haute, les 10 % les plus riches détenaient 86 % des richesses mondiales, et le 1 % le plus fortuné représentait à lui seul 46 % des actifs mondiaux.
L’économie des pays riches se base sur l’exploitation. Les ressources minières de l’Afrique, de l’Amérique latine et de l’Asie ne coûtent qu’à peine un dixième de leur valeur réelle du fait de la corruption, de l’endettement et de politiques visant à imposer la dévaluation des monnaies de pays déjà en situation de pauvreté. Pis, on emploie si besoin la force pour mettre en place des régimes, la plupart du temps dictatoriaux, qui contribueront à perpétuer ce cercle infernal au seul profit des pays riches… et des bourgeoisies compradores. Conséquences : les entreprises délocaliseront volontiers leurs entreprises dans ces pays en vue de diminuer les coûts de production (en exploitant au passage les autochtones) sans avoir les contraintes environnementales de leur développement.
Quelles peuvent être à long terme les conséquences d’un tel système ? Quand les barbares se firent de plus en plus menaçants aux confins de l’Empire romain, ce dernier aurait tout à fait eu les moyens de les combattre, mais les grands propriétaires terriens et les marchands qui constituaient le noyau économique de l’État ont rechigné à le faire car ils auraient dû payer plus de taxes pour financer l’effort de guerre en risquant au passage des dommages qui auraient pu ruiner leurs négoces. On peut aisément faire un parallèle avec les banquiers et les grandes entreprises d’aujourd’hui : ils contribuent à sucer le sang de la collectivité, de l’État par des mesures fiscales en leur faveur par le biais d’exonérations fiscales et autres paradis pour capitalistes (l’évasion fiscale est estimée à 26.000 milliards d’euros). La classe dominante agite aujourd’hui à l’envi la question de la dette pour accéder aux actifs de l’État et faire encore plus de profits. Les média jouent un rôle essentiel dans cette contre-révolution. Le démantèlement des services publics et les privatisations s’inscrivent dans ce cadre-là.
Ce système n’a cure des dommages qu’il cause aux plus faibles, catégorie dans laquelle on peut inclure en Occident les pauvres et ailleurs tous les exploités en prise avec les problèmes environnementaux et alimentaires quand ce ne sont pas tout simplement les guerres. Rien ne prédispose dans ces conditions à une société harmonieuse : les civilisations anciennes laissent la place à l’expression toute puissante de l’hégémonie occidentale aux niveaux militaire, économique, politique et culturel.
La croissance des États-Unis, l’imposition à des pays comme la Chine et le Japon du modèle occidental et la migration massive de populations sont les parties les plus visibles de ce processus. Les Européens considéraient comme prééminentes les conquêtes de leur propre civilisation dont ils se sont plus tard servie pour justifier l’esclavage et l’exploitation des Africains. Des hommes ont été vendus et marqués au fer rouge comme du bétail avant d’être séparés de leurs familles, achetés et privés de leur propre identité. La moindre révolte était réprimée dans le sang.
La lecture de Lénine fit coïncider l’impérialisme avec le stade suprême du capitalisme. Et il ne s’agit pas d’une simple coïncidence de l’histoire comme certains historiens le soutiennent. C’est l’expression de la nature la plus profonde de ce système économique. Écrite lors du premier conflit mondial dont on s’apprête à célébrer le centenaire, l’œuvre de Lénine dévoile l’essence de l’impérialisme et démasque les politiques des puissances impérialistes, les causes profondes de la guerre impérialiste, la trahison des dirigeants sociaux-démocrates qui se sont rangés du côté des impérialistes et, enfin, indique aux travailleurs que l’avenir passe par le renversement de l’impérialisme. Selon lui l’impérialisme est le stade monopoliste du capitalisme. En donnant cette définition, il l’illustre par toute une gamme de faits concrets. Il brosse ensuite le tableau des principales caractéristiques de ce stade monopoliste :
- La concentration de la production et du capital atteint un tel niveau que les monopoles jouent un rôle décisif dans la vie économique.
- La fusion du capital bancaire et du capital industriel a donné naissance au « capital financier » et à une « oligarchie financière ».
- L’exportation du capital s’est développée, se distinguant de l’exportation des marchandises.
- Les monopoles capitalistes internationaux se sont mis sur pied et se partagent le monde.
- Le monde entier est divisé entre les grandes puissances impérialistes.
Lénine décrit le processus de développement des puissances impérialistes. Il indique que l’exportation du capital donne un essor à l’annexion des territoires coloniaux et à l’oppression de millions de colonisés par la domination impérialiste. Les impérialistes se sont divisé le monde. Mais aucun partage du monde ne peut arriver à les satisfaire. La « loi du développement inégal », qui signifie que certaines puissances impérialistes prennent de l’expansion et dépouillent les autres, les pousse à exiger un nouveau partage du monde qui corresponde au nouvel équilibre des forces. C’est pourquoi l’impérialisme va de pair avec les guerres impérialistes. Lénine indique alors qu’avec l’impérialisme, tous les traits de parasitisme du capitalisme s’accentuent. Avec l’impérialisme, le capitalisme agonise et l’heure de la libération coloniale et de la révolution prolétarienne a sonné. Lénine explique aussi comment, dans les pays impérialistes, les surprofits réalisés par l’impérialisme sont utilisés pour corrompre une couche de la classe ouvrière, qui considère alors dans son intérêt d’être lié à celui de l’impérialisme.
« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ! », clamait Jaurès dans son dernier discours, le 25 juillet 1914. C’était il y a un siècle, c’était hier…
INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE: UN SCANDALE DE PLUS!
Source: http://www.jacques-lacaze.com/article-industrie-pharmaceutique-un-scandale-de-plus-122411235.html
met le monde médical
en ébullition »
(Article publié par la revue médicale Neuroscoop.net)
C’est ce que constate Daniel Rosenweg dans Le Parisien. Le journaliste observe sur une page que ce « médicament contre la perte de vision liée à l’âge coûte une fortune à la Sécu. Mais le décret autorisant un médicament équivalent et 30 fois moins cher tarde à sortir ».
Daniel Rosenweg note ainsi que « l’affaire du Lucentis [fabriqué par Roche et vendu par Novartis] est un scandale à près de 400 millions d’euros contre lequel plusieurs personnalités du monde médical et politique ont décidé de monter au créneau. […] Le problème vient du fait que ce médicament vendu 895 € l’injection a un équivalent : l’Avastin, produit par Roche, qui coûte moins de 30 € ».
Le journaliste explique que « l’Avastin, conçu comme un anticancéreux, n’est pas autorisé dans le traitement de la DMLA, et son propriétaire, Roche, refuse de demander une extension d’autorisation. Officiellement, les deux laboratoires martèlent que les deux médicaments ne sont pas équivalents. Mais plusieurs événements sont venus battre en brèche cet argument ».
Daniel Rosenweg relève ainsi que « pas moins de 6 études internationales, dont une française, ont été réalisées pour vérifier l’équivalence des deux produits. Toutes convergent : mêmes bénéfices, à de subtiles nuances près, et effets indésirables comparables ».
Le journaliste observe en outre que « la Cour européenne autorise le reconditionnement de l’Avastin pour la DMLA » et cite le Pr François Chast, patron de la pharmacie de l’hôpital Cochin-Hôtel-Dieu à Paris, qui déclare que « la jurisprudence européenne s’appliquant à chaque Etat membre, il faut vite nous autoriser à utiliser de nouveau l’Avastin. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’un gouvernement de gauche fasse le jeu des industriels ».
Daniel Rosenweg note par ailleurs que « la Société française d’ophtalmologie, elle, n’est pas prompte à batailler. «On respectera les textes», se limite curieusement à déclarer son président »,évoque « un décret qui se fait attendre », puis remarque que « quand on leur demande s’ils sont prêts à attaquer la France si elle devait dégainer sa RTU [recommandation temporaire d’utilisation], Novartis reste prudent : «Nous respecterons la réglementation». De son côté, Roche laisse entendre qu’il n’ira sans doute pas sur le terrain judiciaire… ».
Daniel Rosenweg note ainsi que « l’affaire du Lucentis [fabriqué par Roche et vendu par Novartis] est un scandale à près de 400 millions d’euros contre lequel plusieurs personnalités du monde médical et politique ont décidé de monter au créneau. […] Le problème vient du fait que ce médicament vendu 895 € l’injection a un équivalent : l’Avastin, produit par Roche, qui coûte moins de 30 € ».
Le journaliste explique que « l’Avastin, conçu comme un anticancéreux, n’est pas autorisé dans le traitement de la DMLA, et son propriétaire, Roche, refuse de demander une extension d’autorisation. Officiellement, les deux laboratoires martèlent que les deux médicaments ne sont pas équivalents. Mais plusieurs événements sont venus battre en brèche cet argument ».
Daniel Rosenweg relève ainsi que « pas moins de 6 études internationales, dont une française, ont été réalisées pour vérifier l’équivalence des deux produits. Toutes convergent : mêmes bénéfices, à de subtiles nuances près, et effets indésirables comparables ».
Le journaliste observe en outre que « la Cour européenne autorise le reconditionnement de l’Avastin pour la DMLA » et cite le Pr François Chast, patron de la pharmacie de l’hôpital Cochin-Hôtel-Dieu à Paris, qui déclare que « la jurisprudence européenne s’appliquant à chaque Etat membre, il faut vite nous autoriser à utiliser de nouveau l’Avastin. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’un gouvernement de gauche fasse le jeu des industriels ».
Daniel Rosenweg note par ailleurs que « la Société française d’ophtalmologie, elle, n’est pas prompte à batailler. «On respectera les textes», se limite curieusement à déclarer son président »,évoque « un décret qui se fait attendre », puis remarque que « quand on leur demande s’ils sont prêts à attaquer la France si elle devait dégainer sa RTU [recommandation temporaire d’utilisation], Novartis reste prudent : «Nous respecterons la réglementation». De son côté, Roche laisse entendre qu’il n’ira sans doute pas sur le terrain judiciaire… ».
Bref, se servir sur la sécu, c’est à dire sur nos cotisations, notre salaire diféré est le sport favori de l’industrie pharmaceutique, avec la complicité active d’une partie du corps médical, surtout surtout les « grands patrons » (leaders d’opinion) et des décideurs c’est-à-dire des politiques.
L’industrie pharmaceutique: copains et coquins ……
Sortir de l’euro le débat interdit !
Par Charles Sannat - AuCOFFRE
Publié le 03 février 2014
2835 mots – Temps de lecture : 7 – 11 minutes
L’homme qui a prédit l’avenir des Etats-Unis
Par Tom DiLorenzo - lewRockwell
Publié le 24 janvier 2014
1641 mots – Temps de lecture : 4 – 6 minutes
En 1899, le grand intellectuel libertarien William Graham, de l’université de Yale, a prononcé un discours dans lequel il nous mettait en garde du fait que la guerre Hispano-Américaine allait franchir le Rubicon pour finalement transformer la république constitutionnelle en un empire. L’empire est ce qu’ont fui les pèlerins, ce contre quoi s’est dressée la révolution. Au sein d’un empire, le citoyen n’est aux yeux de ses souverains rien de plus qu’un esclave des taxes et de la chair à canon. Les Américains, a-t-il dit, deviendraient bientôt exactement ce que leur pays avait été fondé pour combattre.
Il intitula son discours ‘The Conquest of the United States by Spain’ pour souligner le fait que la guerre Hispano-Américaine, un conflit de conquête impérialiste, n’était pas différent des conflits agressifs qui ont divisé les vieilles nations de l’Europe des siècles durant. Ayant dévoué sa vie d’adulte à des fins intellectuelles en matière de politiques économiques, William Graham Sumner était un visionnaire. Il savait ce que deviendraient les Etats-Unis une fois qu’ils auraient emprunté le chemin de l’empire. Voici certaines de ses observations :
La guerre Hispano-Américaine, comme les autres conflits impérialistes, a été justifiée par des affirmations sensationnelles qui pouvaient aisément être démenties. L’Espagne n’a jamais menacé les intérêts des Etats-Unis, et aurait été la dernière à vouloir manigancer le sabotage du navire de guerre Le Maine, calamité qui a propagé la fièvre de la guerre et poussé les masses à supporter l’idée de conflit. Les intellectuels tels que Sumner ont aisément su lire entre les mensonges du gouvernement, mais cela n’a pas été le cas de la population ignorante.
Est-il approprié pour un homme d’état de mentir et de manipuler le public pour qu’il le soutienne dans une guerre d’agression ? C’est bien entendu là la définition la plus récente des qualités d’un homme d’état, qui est apparue alors que Lincoln poussait les citoyens des états du nord à croire qu’un conflit était nécessaire avec les citoyens des états du sud pour forcer ces derniers à verser des impôts à l’Etat, comme il l’a promis dans son premier discours d’investiture. Jusqu’à ce jour, la propagande du parti Républicain est diffusée par le Claremont Institute, et Hillside College prétend offrir des cours sur le sujet de la gouvernance du type de celle que moquait Sumner.
Si l’auto-gouvernance des citoyens de l’empire Espagnol était la raison ostensible de la guerre, pourquoi le public Américain n’a-t-il pas été impliqué dans l’instigation de la guerre ? Aucun sondage n’a été mené. Voilà qui rend encore plus frappants l’essai de Randolph Bourne ‘La Guerre est la Santé de l’Etat’, dans lequel il souligne que le public n’est jamais mêlé aux préparatifs de guerre. Ceux qui la pensent ne sont jamais qu’une douzaine d’hommes de la branche exécutive du gouvernement, cachés même des membres élus du Congrès et du Parlement, qui complotent pour la guerre.
La guerre n’était-elle rien de plus qu’un exemple de cours d’éducation civique digne de l’école publique ? Sumner se moquait de l’idée promue par le parti de la guerre qui voulait que les Américains ne soient intéressés qu’à apprendre la démocratie et l’auto-gouvernance aux Philippins, puis partir une fois que ce serait fait. Sumner ne pensait pas que les Américains quitteraient un jour les Philippines. Et ils y sont encore aujourd’hui.
Les conflits impérialistes détruisent le principe de démocratie. Bien que l’interventionnisme Américain ait été présenté au peuple Américain comme un moyen de répandre la démocratie, Sumner souligne que de telles tactiques ont forcé l’Espagne vers la monarchie et la banqueroute. Ces faits sont bien entendu ignorés par le parti Américain de la guerre.
Pourquoi les Américains pensent-ils avoir une mission de civilisation ?La réponse à cette question rhétorique se cache derrière la déification d’Abraham Lincoln par le parti Républicain au cours de ces trente-cinq dernières années. Sa déification nous a amenés à la déification de la présidence en général, mais aussi à celle du gouvernement fédéral. Comme Robert Penn Warren l’a écrit dans son livreThe Legacy of the Civil War, le parti républicain d’avant-guerre disait posséder un ‘trésor de vertu’ supposé justifier les actions du gouvernement quelles qu’elles soient. C’est ce qui a justifié la participation des Etats-Unis à la seconde guerre mondiale, par exemple. C’est ce que l’on appelle aujourd’hui ‘l’exceptionnalisme Américain’.Sumner a souligné l’absurdité de la rhétorique de Lincoln selon laquelle ‘tous les Hommes sont égaux’, puisque, semble-t-il, il est libérateur pour les autres que d’être gouvernés par les Etats-Unis.
William Graham Sumner nous a expliqué que le fait même de percevoir d’autres comme étant des sous-humains mène à la tyrannie et à la cruauté. Cela a été le cas avec le gouvernement des Etats-Unis, mais également d’autres gouvernements qui, au cours de l’Histoire, ont régné sur d’autres empires. C’est bien sûr ainsi que fonctionnent les empires. Les citoyens des états du sud étaient démonisés pour que soit justifié le génocide de dizaines de milliers d’enfants, de femmes et de vieillards et le bombardement de villes comme Atlanta et Richmond tout au long de la Guerre Civile. Les Indiens d’Amérique ont été présentés comme des sauvages alors que les braves hommes des Etats-Unis les assassinaient par milliers entre 1865 et 1890. Et aujourd’hui, c’est le tour des Philippins. Plus de 200.000 Philippins ont été massacrés par les Etats-Unis pour avoir voulu se séparer de l’empire Américain. Selon l’historien Joseph Stromberg, seuls 15.000 d’entre eux étaient des combattants.
L’idée de devoir concevoir un gouvernement pour les autres peuples est une propagande de guerre que Sumner trouve arrogante et hypocrite.Cet argument a été utilisé à de nombreuses reprises au fil des générations de politiciens impérialistes. Un récent exemple en est le discours d’Obama le 25 septembre 2012 devant les Nations Unies, lors duquel il gratifiait le membre de la CIA Chris Stevens, assassiné lors de l’attaque de l’ambassade Américains de Benghazi, en Lybie, après y avoir été envoyé en tant que représentant du président. Il y avait été envoyé, nous a dit Obama, pour imaginer ‘un futur pour la Lybie et lesLybiens’.
La prochaine fois que vous verrez un drapeau Américain géant couvrir le terrain de foot avant un match de la NFL ou des avions de chasse avant un quelconque autre évènement sportif, ou que vous verrez des gens vêtus de t-shirts à l’effigie du drapeau Américain regarder le tournoi de golf ‘President’s Cup’, ou que vous verrez des Américains ivres crier ‘USA ! USA !’ du fond du bar, ou les verrez dans une église écouter un sermon en l’honneur des ‘héros’ Américains qui ont assassiné des hommes dans d’autres pays, pensez à ce commentaire de William Graham Sumner : ‘la soif de gloire est une épidémie qui dérobe les Hommes de leur jugement, séduit leur vanité, trompe leurs intérêts et corrompt leur conscience’.
L’essence du militarisme est de haïr les constitutions, d’ignorer les parlements et d’observer les populations civiles avec mépris. Les néo-conservateurs, de Limbaugh àHannity en passant par Levin, ont adopté le slogan ‘le 11 septembre a tout changé’, et le brandissent à chaque fois que quelqu’un comme le juge Andrew Napolitanoprétend que le gouvernement a ignoré la constitution en mettant en place son réseau d’espionnage de lignes téléphoniques et internet et le Patriot Act. Tous les présidents Américains ont simplement ignoré le Congrès et observé pour la plupart leur populace avec le plus profond dédain.
Sumner nous a expliqué comment le parti de la guerre a adapté l’argument qui veut que les temps aient changé à la guerre. Il est similaire à l’argument de Lincoln selon lequel nous devons ‘penser d’une manière nouvelle’, qui signifie aussi ‘ignorons la Constitution’.
Le militarisme détruit la prospérité capitaliste. Sumner a observé qu’à la fin du XIXe siècle, les Européens étaient affairés à travailler, à investir, à monter des entreprises et à améliorer leur niveau de vie pacifiquement sous un système capitaliste qui ne se souciait que très peu du militarisme. Un tel comportement est un véritable poison pour l’état, qui le considère être un ennemi mortel. Quand les partis de la guerre Européens ont commencé à militariser la région, Sumner a décrit la manière dont les dépenses gouvernementales ont étouffé le secteur privé au point d’handicaper le capitalisme Européen jusqu’à le rendre inefficace. C’est là l’effet direct de la militarisation en particulier et des gouvernements en général. A l’époque de Sumner, les Etats-Unis étaient sur le point de se lancer dans la même voie de destruction économique que les Européens.
Comment saurons-nous que les Etats-Unis seront devenus tels les vieux empires d’Europe ? La réponse qu’apporte Sumner à cette question est que les Etats-Unis se noieront sous la dette, la taxation, la diplomatie, la gloire, l’armée, les dépenses et l’impérialisme. Voilà qui définit depuis un certain temps déjà la société Américaine.
Le grand ennemi de la démocratie est la ploutocratie. Le militarisme nourrit la ploutocratie au travers du capitalisme de copinage, de la diversion du regard du public loin des problèmes économiques réels, des dépenses qui bénéficient une poignée de corporations, et de dépenses et de dettes qui renforcent la puissance des puissants et affaiblissent les faibles. C’est là bien entendu la définition exacte de l’état providence et guerrier des Etats-Unis financé par la Fed, qui a enrichi les 1% aux dépens des autres comme l’expliquent David Stockman dans The GreatDeformation: The Corruption of Capitalism in America, et Hunter Lewis dans Crony Capitalism in America. C’est également le thème principal de mes livres The Real Lincoln; Lincoln Unmasked; Hamilton’s Curse; et How Capitalism SavedAmerica.
Au vu de tous ces points, il est facile de comprendre pourquoi l’une de mes connaissances, qui est un diplômé de Yale, m’a récemment dit que, parmi toutes les peintures et photographies de professeurs de l’université de Yale qui décorent la bibliothèque et les autres bâtiments du campus, aucune ne porte le visage de William Graham Sumner.
L’Europe, c’est la paix ?
L’Europe, c’est la paix ?
Tribune libre Résistance
L’Europe, c’est la paix ? C’est en tout cas ce que l’on veut absolument nous faire croire. Parce qu’être contre l’Europe, c’est être pour la guerre !
Certes, depuis près de 70 ans, il n’y a pas eu d’affrontement militaire entre pays européens. Mais il y a de bonnes raisons à cela, et qui n’ont rien à voir avec un quelconque désir de paix, bien au contraire ! Car qui viendrait prétendre que nous vivons dans un monde pacifique ?
Depuis l’invention de l’industrie et l’apparition de la classe ouvrière, trois guerres ont vu s’affronter les pays européens : la guerre de 1870, et les première et deuxième guerres mondiales. Lors du dernier conflit, l’enthousiasme du capital à enrôler le peuple sous sa bannière égoïste au motif de « la défense de la patrie » et de « la civilisation » a faibli. Et pour deux raisons. La première est que l’issue de la guerre se montre capricieuse. En 39, l’affaire était réglée pour le capital français : l’Allemagne devait gagner, comme le montre Annie Lacroix-Riz dans son livre « le choix de la défaite ». Patatras ! L’intrusion des peuples dans la bataille (les résistances intérieures et la contre-offensive de l’URSS) contrarie tous les plans et l’Allemagne est finalement écrasée !
Mais la deuxième raison, pour la bourgeoisie, est encore plus grave. En 1870, la Commune de Paris, directement issue de la guerre, dessine les contours d’un monde nouveau. Marx, enthousiaste, y voit le premier exemple concret de la Révolution prolétarienne. Bien sûr, l’expérience ne dure que soixante-douze jours, mais le capital en a encore des hoquets d’horreur !
La guerre de 14-18 donne naissance à l’URSS, et la seconde guerre mondiale voit l’extension du bloc soviétique et l’apparition de la Chine rouge ! Pour le capital, le bilan est terrifiant ! Remettre le couvert une nouvelle fois lui paraît tout à fait déraisonnable ! Donc, plus question d’armer les peuples et de les voir s’affronter les uns les autres. Le risque d’une opposition de leur part et d’un possible retournement contre leurs maîtres est bien trop fort !
Les bourgeoisies de chacune des métropoles impérialistes décident donc de passer par la négociation : ce sera l’ONU. Les rapports de forces sont hiérarchisés au sortir de la guerre. Les Étasuniens occupent la toute première place. Ils s’adjugent le privilège de la monnaie et de la force militaire en créant l’OTAN. On trouve au second rang l’Allemagne : elle devait gagner la guerre. Faisons comme si c’était vrai ! Les autres pays européens ne sont finalement que les satellites des premiers nommés : ce sera l’Union Européenne et la Grande-Bretagne y jouera le rôle de surveillant général pour le compte de l’Empire.
L’heure est à la « coexistence pacifique ». Il n’est plus question de voir les peuples européens s’affronter. Quant à s’affronter frontalement à l’URSS, c’est bien trop risqué. Alors, cette nouvelle politique libère de l’énergie pour d’autres guerres. En fait, c’est la guerre générale aux peuples du monde. D’abord en Corée. Le pays du matin calme semble être la porte d’entrée idéale pour s’en prendre à la Chine. L’attaque par l’Est finit par échouer. Alors, on tente par l’Ouest. Ce sera le Vietnam. Et ce sera un nouvel échec !
On fait donc se déplacer la guerre en Afrique, en Amérique Latine, puis actuellement au Proche- Orient. Pourquoi ces guerres ? Pour chercher à détruire le mauvais exemple du socialisme et s’accaparer, par le vol, les matières premières.
On constate que cette soi-disant politique pacifique est, dans les faits, une réelle guerre mondiale, puisque toutes les régions du monde sont effroyablement touchées. On constate aussi la différence entre colonialisme et néo-colonialisme. Le colonialisme du 19ème siècle était une horreur : soumettre le peuple d’un pays, y exporter marchandises et capitaux pour exploiter la population au bénéfice de la bourgeoisie dominatrice. Le néo-colonialisme est pire encore ! Il ne s’agit plus de soumettre un pays, mais de le détruire, de n’y exporter que bombes et missiles, de voler tout ce qu’il y a à voler et de ne laisser après son passage que chaos et désolation !
C’est ce que ces bourreaux appellent « droit de l’homme » et « démocratie » : voyez la Yougoslavie, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, et ce qu’il voudrait faire en Syrie ! Mais ces désastres nous mettent-ils vraiment à l’abri de la guerre ? Rien n’est moins sûr !
En effet, dans la situation actuelle, ce qu’on appelle l’Occident, loin de se renforcer malgré ses pillages, s’est terriblement affaibli. Le capital y a gaspillé l’essentiel de ses propres matières premières et regarde d’un œil toujours plus avide les ressources des autres. Et des pays obstinément hostiles à ce pillage disposent d’immenses ressources en matières premières et en matériels. Ce sont, pour l’essentiel (mais pas seulement) la Chine, la Russie et l’Iran. Chacun remarquera, de surcroît, que le poids démographique leur est nettement favorable !
Jusqu’où ces pays qui, dans la période moderne, n’ont jamais fait la guerre à personne (mais qui s’y préparent raisonnablement…) pourront-ils accepter des négociations et des compromis ? Il arrivera un moment où leur existence même sera en cause.
Les deux points chauds du moment, la Syrie et l’Ukraine, ne le sont que par la seule volonté agressive de l’Occident. Va-t-on y trouver une issue pacifique ? Chacun sait que c’est la seule solution qui vaille. Il faut que les agresseurs se retirent de la Syrie et laissent les Syriens régler eux-mêmes leurs affaires. Il faut reconnaître que « les gentils militant pro-européens d’Ukraine » ne sont que desmilices antirusses (et largement antisémites, mais là, étonnamment, il semble que ce ne soit pas le problème !). Ces va-t-en-guerre du capital international n’ont pas le sens des limites. Ils portent en eux les gènes de la mort. Tout est à craindre !
Voilà donc la situation : l’Europe, c’est la paix…mais la guerre est devant nous !
D.R.
http://www.resistance-politique.fr/
Le 24 janvier 1984, le PS votait la première loi bancaire au monde – qui mettait fin à 40 ans de séparation des activités bancaires en France.10 ans plus tard, ses effets commenceraient à se faire sentir, avec le début de la constitution des mégabanques universelles.Mais ce n’était que le début du processus de dérégulation massive du système financier français, déjà étudiée dans ce billet.N’oublions jamais…
Article du NouvelObs, 09/2011
La gauche française, pionnière de la dérégulation financière ?
“Régulation financière”, “rigueur”…D’après un prof d’Harvard, ces enjeux présentés comme des défis pour les candidats de gauche, ont été, dans les années 80, au cœur de la politique de la gauche française. Par Patrick Fauconnier
Rawi Abdelal, professeur à Harvard, spécialiste de politique économique est un chercheur très peu connu en France qui a écrit en 2005 un document de 30 pages titré “Le consensus de Paris, la France et les règles de la finance mondiale”, dans lequel il démontre que c’est la gauche française qui a agi avec le plus de ténacité, en Occident, “de façon paradoxale” en faveur de la dérégulation “libérale” des marchés financiers. [NB. Vous pouvez lire cet opus dans ce billet]
Des Français…
“A la fin de la décennie 80, écrit Abdelal, les dispositions de l’Union Européenne et de l’OCDE, qui avaient ralenti le processus de mondialisation des marchés financiers, sont réécrites pour épouser une forme libérale. Grâce à ce changement, qui concernait 70 à 80 % des transactions de capitaux dans le monde, la mondialisation financière va progresser à grands pas dans le cadre de règles libérales (…) Cette évolution n’a pu se faire que grâce à l’intervention de trois personnages : Jacques Delors, en tant que président de la Commission européenne, Henri Chavranski, président des mouvements de capitaux à l’OCDE de 1982 à 1994, et Michel Camdessus, président du FMI de 1987 à 2000 ( …) Sans eux, un consensus en faveur de la codification de la norme de la mobilité des capitaux aurait été inconcevable. Ces trois hommes ont beaucoup de points communs, mais il en est un qui saute aux yeux : ils sont Français. Voilà qui est tout à fait curieux car pendant plus de 30 ans la France, plus que tout autre pays, avait multiplié les obstacles à toute modification des textes en faveur de la mobilité des capitaux.”
Faisant remarquer que c’est François Mitterrand qui a nommé Camdessus gouverneur de la Banque de France, Abdelal parle de “paradoxe français d’autant plus fort que Delors était une importante figure socialiste et que (…) les français n’y ont pas été forcés par les Etats Unis, au contraire”. Il poursuit : “c’est le ‘consensus de Paris’ et non celui de Washington, qui est avant tout responsable de l’organisation financière mondiale telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire centrée sur des économies donc les codes libéraux constituent le socle institutionnel de la mobilité des capitaux”.(…)
“plus le monde se globalise, plus il a besoin de règles”
“Entre 1983 et 1988 les français ont laissé faire l’internationalisation et lui ont même réservé bon accueil. En 1988 (réélection de F. Mitterrand, NDLR) , ils se sont lancés dans une nouvelle mission internationale. Des personnalités françaises (il cite Lamy en plus de Delors et Camdessus) ont alors joué un rôle de premier plan dans le mouvement pour rendre la mondialisation possible”
L’explication d’Abdelal est que les français se sont impliqués de la sorte dans le but non pas de déréguler, mais de maîtriser. Il cite Pascal Lamy qui dit, en 1999 : “l’approche française du problème de la libéralisation, c’est que si on libéralise, il faut organiser”. Cette façon de voir les choses est confirmée par un discours de Lionel Jospin, en 1999, devant l’assemblée générale de l’Onu : “plus le monde se globalise, plus il a besoin de règles”. C’est pour contrer la vision américaine d’une “mondialisation incontrôlée” et “la domination écrasante des USA sur les marchés financiers” que les français, “surtout de gauche” selon Abdelal, ont cherché à promouvoir une mondialisation encadrée . Il montre que cette ambition s’est heurtée à un mur au FMI, où les français ont échoué à modifier les règles.
“ils ont amené Mitterrand à choisir l’Europe et l’austérité”
Interviewé par l’agence Telos en octobre 2007, lors de la nomination de DSK à la tête du FMI juste apres la chute de Lehman Brothers, Abdelal observe que : “les fonctionnaires français ont emmené dans leurs bagages l’idée que la mondialisation pouvait être maîtrisée, ainsi que les instruments de cette maîtrise. Et pourtant, paradoxalement, en permettant aux organisations internationales de maîtriser la mondialisation, ils ont contribué à forger un monde plus libéral et plus mondialisé”.
Dans le cadre d’une analyse plus politique, il consacre plusieurs pages au tournant de 1983, au cours duquel Delors, alors ministre des Finances, Laurent Fabius, ministre du budget et Pierre Bérégovoy, ministre des Affaires sociales, ont convaincu François Mitterrand d’accepter les contraintes du Système Monétaire Européen, qui a amorcé une politique de rigueur : “ils ont amené Mitterrand à choisir l’Europe et l’austérité”. Pour lui, c’est Camdessus qui a convaincu Fabius du danger qu’il y aurait à laisser flotter le Franc, et qui a ensuite “introduit de la pensée unique au FMI”.
“Une ambition de faire ses preuves sur le terrain même de l’opposition”
Selon lui, “Fabius, Bérégovoy et quelques autres avaient de bonnes raisons de se donner un programme libéral : se rallier à l’économie de marché permettait de se doter d’une identité politique attrayante, d’un profil “moderne”, “compétent”, qui tranchait avec l’image “archaïque” et excessivement idéologique d’un Chevènement ou d’un Marchais”.
Il poursuit : “L’ardeur de la gauche française à surpasser la droite ne se borna pas à la finance et s’étendit à tous les domaines de la politique économique. Le programme appliqué par Delors, Fabius, Beregovoy allait bien au-delà d’une suppression du dirigisme”. Il cite Serge Halimi, patron du “Monde Diplomatique”, qui voit dans cette politique “une ambition de faire ses preuves sur le terrain même de l’opposition, ce qui se traduit par une politique encore plus brutale que celle de la droite quand il s’agit d’appliquer des politiques économiques orthodoxes”.
Patrick Fauconnier – Le Nouvel Observateur
Le saviez-vous? Beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial à la France
Le saviez-vous? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial à la France, et ce malgré l’indépendance!
Lorsque Sékou Touré de Guinée décida en 1958 de sortir de l’empire colonial français et opta alors pour l’indépendance du pays, l’élite coloniale française à Paris s’est indignée et, dans un acte de fureur historique, a demandé à son administration alors en place en Guinée de détruire, dans tout le pays, ce qui représentait, à leur yeux, les avantages de la colonisation française.
Trois mille Français quittèrent le pays, en prenant tous leurs biens et détruisant tout ce qui ne pouvait être déplacé: les écoles, les crèches, les bâtiments de l’administration publique furent détruits, les voitures, les livres, les médicaments, les instruments de l’institut de recherche, les tracteurs ont été écrasés et sabotés; les chevaux, les vaches dans les fermes ont été tués, et les nourritures entreposées furent brûlées ou empoisonnées.
Le but de cet acte scandaleux était bien évidemment d’envoyer un message clair à toutes les autres colonies sur les conséquences du rejet de la France.
Le fait est que peu à peu, la peur s’est emparée des élites africaines, et après ces événements aucun autre pays n’a jamais trouvé le courage de suivre l’exemple de Sékou Touré, dont le slogan était « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage ».
Pour les pays nouvellement indépendants il a fallu trouver des compromis avec la France. Sylvanus Olympio, le premier président de la République du Togo, un petit pays d’Afrique de l’Ouest, trouva une solution susceptible de calmer les Français:
Ne voulant pas continuer à subir une domination française, il refusa de signer le pacte de colonisation proposé par De Gaulle, mais accepta en contrepartie de payer une dette annuelle à la France pour les soi-disants avantages obtenus lors de la colonisation française.
Ce furent les seules conditions de la France pour ne pas détruire le pays avant de partir. Toutefois, le montant estimé par la France était si grand que le remboursement de la soi-disant « dette coloniale » était proche de 40% du budget du pays en 1963.
Dès lors, la situation financière du Togo tout juste indépendant fut très instable, et afin de se sortir de cette situation, Olympio décida de sortir du système monétaire mis en place par la France coloniale le FCFA (franc des colonies françaises d’Afrique), et créa la monnaie du pays.
Le 13 Janvier 1963, trois jours après qu’il ait commencé à imprimer les nouveaux billets, une escouade de soldats (soutenus par la France) s’empara de lui, et tua le premier président élu de l’Afrique indépendante: Olympio fut exécuté par un ex-légionnaire français, le sergent de l’armée Étienne Gnassingbé qui, au passage, reçut à ce moment une prime de 612 dollars de la part de l’ambassade française locale pour le succès de sa mission.
Le rêve d’Olympio était de construire un pays indépendant et autonome. Mais l’idée ne correspondait pas aux volontés françaises.
Le 30 Juin 1962, Modiba Keita, le premier président de la République du Mali, décida également de se retirer du système monétaire FCFA (imposé à 12 pays africains nouvellement indépendants).
En effet, pour le président malien, qui se penchait plus vers une économie socialiste, il était clair que la colonisation qui perdurait par ce pacte avec la France devenait un piège, un fardeau pour le développement du pays.
Le 19 Novembre 1968, comme Olympio, Keita sera victime d’un coup d’état menée par un autre ex-légionnaire français des Affaires Étrangères, le lieutenant Moussa Traoré.
De fait, durant cette période turbulente où l’Afrique combattait pour se libérer du joug de la colonisation européenne, la France usera à nombreuse reprises de mercenaires anciennement affiliés à la légion étrangère pour réaliser des opérations coup de poing contre les présidents nouvellement élus :
- Au 1er Janvier 1966, Jean-Bedel Bokassa, ex-légionnaire français, portait un coup d’état contre David Dacko, le premier président de la République Centrafricaine.
- Le 3 Janvier 1966, Maurice Yaméogo, le premier président de la République de Haute-Volta, aujourd’hui appelé Burkina Faso, a été victime d’un coup porté par Aboubacar Sangoulé Lamizana, un ex-légionnaire français qui avait combattu avec les troupes françaises en Indonésie et en Algérie contre l’indépendance de ces pays.
- Le 26 Octobre 1972 Mathieu Kérékou, qui était un garde de sécurité du président Hubert Maga, le premier président de la République du Bénin, a porté un coup d’état contre le président, après avoir fréquenté les écoles militaires françaises de 1968 à 1970.
En fait , au cours des 50 dernières années, sur un total de 67 coups état qui se sont passés dans 26 pays en Afrique, 16 de ces pays sont des ex-colonies françaises, ce qui signifie que 61% des coups d’états en Afrique ont été initiés dans d’anciennes colonies françaises.
Nombre de coups d’état en Afrique, par pays
Ex-colonies françaises
|
Autres pays africains
| ||
Pays
|
Nombre de coups d’état
|
Pays
|
Nombre de coups d’état
|
Togo
|
1
|
Égypte
|
1
|
Tunisie
|
1
|
Libye
|
1
|
Côte d’Ivoire
|
1
|
Guinée Équatoriale
|
1
|
Madagascar
|
1
|
Guinée-Bissau
|
2
|
Rwanda
|
1
|
Liberia
|
2
|
Algérie
|
2
|
Nigeria
|
3
|
Congo–Kinshasa/RDC
|
2
|
Éthiopie
|
3
|
Mali
|
2
|
Ouganda
|
4
|
Guinée-Conakry
|
2
|
Soudan
|
5
|
sous-TOTAL 1
|
13
| ||
Congo-Brazzaville
|
3
| ||
Tchad
|
3
| ||
Burundi
|
4
| ||
Centrafrique
|
4
| ||
Niger
|
4
| ||
Mauritanie
|
4
| ||
Burkina Faso
|
5
| ||
Comores
|
5
| ||
sous-TOTAL 2
|
32
| ||
TOTAL (1 + 2)
|
45
|
TOTAL
|
22
|
Comme ces chiffres le démontrent, la France est tout à fait désespérée, mais active à conserver une forte emprise sur ses anciennes colonies peu importe comment, peu importe le prix.
En Mars 2008, l’ancien président français Jacques Chirac a déclaré:
« Sans l’Afrique, la France va glisser vers le bas dans les puissances [ du monde ] de troisième rang »
Le prédécesseur de Jacques Chirac François Mitterrand avait déjà prophétisé en 1957 que : « Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’histoire au 21è siècle »
En ce moment même où j’écris cet article, 14 pays africains sont obligés par la France, à travers le pacte colonial, de mettre 85% de leurs réserves à la banque centrale de France sous le contrôle du Ministère des Finances français. Jusqu’à maintenant, en 2014, le Togo et 13 autres pays africains doivent encore payer la dette coloniale en France. Les dirigeants africains qui refusent sont tués ou victimes de coup d’état. Ceux qui obéissent sont soutenus et récompensés par la France par un style de vie somptueux, tandis que leurs populations endurent la misère et le désespoir.
Un tel système maléfique est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.
Nous accusons souvent les dirigeants africains de corruption et de servir les intérêts des nations occidentales, mais il y a une explication claire à ce comportement. Ils se comportent ainsi parce qu’ils ont peur d’être tués ou d’être la victime d’un coup d’état. Ils veulent s’allier à une nation puissante pour se sauvegarder en cas d’agression ou de difficultés. Mais, contrairement à une protection amicale, la protection de l’Occident est souvent offerte en échange du renoncement à servir leur propre peuple ou les intérêts des nations.
Les dirigeants africains travailleraient dans l’intérêt de leur peuple s’ils n’étaient pas constamment harcelés et intimidés par les pays coloniaux.
En 1958, effrayé des conséquences de son choix d’indépendance face à la France, Léopold Sédar Senghor a déclaré: « Le choix du peuple sénégalais, c’est l’indépendance, ils veulent qu’elle ait lieu seulement dans l’amitié avec la France, pas en litige. »
Dès lors la France a accepté une « indépendance sur le papier » pour ses colonies, mais a signé en parallèle des « accords de coopération », précisant la nature de leurs relations avec la France, en particulier les attaches envers la monnaie (le Franc), le système éducatif français, les ententes militaires et les préférences commerciales.
Voici les 11 principales composantes de la poursuite du pacte de colonisation depuis les années ’50:
1 . La dette coloniale pour les avantages de la France colonisatrice
Les pays nouvellement « indépendants » doivent payer pour l’infrastructure construite par la France dans le pays pendant la colonisation.
Je dois encore trouver les détails sur les montants, l’évaluation des avantages coloniaux et les conditions de paiement imposées aux pays africains, mais nous y travaillons (nous aider avec des informations).
2 . Confiscation automatique des réserves nationales
Les pays africains doivent déposer leurs réserves monétaires nationales en France à la banque centrale.
La France a tenu des réserves nationales de quatorze pays africains depuis 1961 : Bénin, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, République Centrafricaine, Tchad, Congo-Brazzaville, la Guinée Équatoriale et le Gabon.
La politique monétaire régissant un tel regroupement diversifié de pays est simple car il est géré par le Trésor français, sans en référer aux autorités fiscales africaines centrales comme l’UEMOA ou de la CEMAC. Selon les termes de l’accord qui a été mis en place par la banque centrale du CFA, chaque banque centrale de chaque pays africain est obligée de garder au moins 65% de ses réserves de change dans un « compte d’opérations » tenu au Trésor français, ainsi qu’un autre20 % pour couvrir les passifs financiers.
Les banques centrales CFA imposent aussi un plafond sur le crédit accordé à chaque pays membre équivalant à 20% des recettes publiques de ce pays sur l’année précédente. Même si la BEAC et la BCEAO ont une facilité de découvert auprès du Trésor français, les traites sur les facilités de découvert sont sous réserve du consentement du Trésor français. Le dernier mot est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.
En bref, plus de 80% des réserves de change de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par le Trésor français. Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais n’ont pas de politiques monétaires propres. Les pays eux-mêmes ne savent pas, ne sont pas informés, à hauteur de combien la réserve de change détenue par le Trésor français leur appartient en tant que groupe, ou individuellement.
Les gains de l’investissement de ces fonds du Trésor français sont censés être ajoutés à la réserve de change, mais il n’y a pas de comptabilité transmise aux banques ou aux pays, ni les détails de ces modifications. « Seul un groupe restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français connaît les montants figurant dans les « comptes d’opérations » et où ces fonds sont investis; s’il y a ou non un bénéfice sur ces investissements; et ils ont interdiction de divulguer ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des états africains, » écrit le Dr Gary K. Busch.
Il est estimé que la France gère près de 500 milliards d’argent africain dans sa trésorerie, et ne fait rien pour mettre un peu de lumière sur ce côté sombre de l’ancien empire.
La finalité reste: Les pays africains n’ont pas accès à cet argent.
La France leur permet d’accéder à seulement 15 % de leur argent par an. S’ils ont besoin de plus, les pays africains doivent emprunter, à des taux commerciaux, sur les 65% de leur argent détenu au Trésor français.
Pour rendre les choses plus tragiques, la France impose un plafond sur le montant de l’argent que les pays peuvent emprunter à la réserve . Le plafond est fixé à 20 % de leurs recettes publiques de l’année précédente. Si les pays ont besoin d’emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France a un droit de veto.
L’ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l’argent des pays africains dans les banques en France. Voici une vidéo qui parle du système d’exploitation français. Voici une courte transcription de l’extrait : « Nous devons être honnêtes et reconnaître qu’une grande partie de l’argent dans nos banques vient précisément de l’exploitation du continent africain. »
3 . Droit de priorité sur toute ressource brute ou naturelle découverte dans les pays
La France a la priorité en matière d’achats de toutes les ressources naturelles de la terre de ses ex-colonies. C’est seulement face à un refus de celle-ci que les pays africains sont autorisés à chercher d’autres partenaires.
4 . Priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et constructions publiques
Dans l’attribution des marchés publics, les entreprises françaises doivent être prioritaires, et seulement après sont considérés les marchés étrangers. Le fait que les pays africains puissent obtenir une meilleure offre financière ailleurs n’est pas pris en compte.
En conséquence, dans la plupart des ex-colonies françaises, toutes les plus grosses compagnies et acteurs économiques sont dans la main des expatriés français. En Côte d’Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. Idem dans le commerce, la construction et l’agriculture.
En fin de compte, comme je l’ai écrit dans un précédent article, les Africains vivent maintenant sur un continent possédé par les Européens !
5 . Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des pays
Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les « accords de défense » attachés au pacte colonial, les Africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs en formation en France ou dans des infrastructures militaires françaises.
La situation sur le continent est telle que la France a formé et nourri des centaines, voire des milliers de traîtres. Ils sont en sommeil tant qu’ils ne sont pas nécessaires, et activés en cas de besoin pour un coup d’état ou à d’autres fins !
6 . Droit pour la France de pré-déployer des troupes et intervenir militairement dans les pays pour défendre ses intérêts
Sous la dénomination « Accords de défense » attachés au pacte colonial, La France a le droit d’intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans des bases et installations militaires, entièrement gérées par les Français.
Les bases militaires françaises en Afrique
Lorsque le président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire a tenté de mettre fin à l’exploitation française du pays, la France a organisé un coup d’état. Durant le long processus pour chasser Gbagbo du pouvoir, les tanks français, les hélicoptères de combat et les forces spéciales sont intervenues directement dans le conflit, ont tiré sur des civils et tué beaucoup d’entre eux.
Pour ajouter l’injure à l’insulte, la France estime que la communauté d’affaires française a perdu alors plusieurs millions de dollars lors de la ruée pour quitter Abidjan en 2006 (où l’armée française a massacré 65 civils non armés et en a blessé 1200 autres).
Après la réussite du coup d’état par la France, et le transfert de pouvoir à Alassane Ouattara, la France a demandé au gouvernement Ouattara de verser une indemnité à la communauté d’affaires française pour les pertes pendant la guerre civile.
Du fait, le gouvernement Ouattara leur a payé le double de ce qu’ils ont dit qu’ils avaient perdu en quittant la Côte d’Ivoire.
7 . Obligation de faire du français la langue officielle du pays et de la langue pour l’éducation
Oui, Monsieur. Vous devez parler français, la langue de Molière ! La langue française et une organisation de la diffusion de la culture a été créé. Appelée « Francophonie », qui regroupe plusieurs branches et organisations affiliées toutes contrôlées par le ministre français des Affaires Étrangères.
Comme démontré dans cet article, si le français est la seule langue que vous parlez, vous auriez accès à moins de 4% de la connaissance de l’humanité et des idées. C’est très limitant.
8 . Obligation d’utiliser la l’argent de la France coloniale, le FCFA
C’est la véritable vache à lait pour la France: un tel système maléfique est dénoncé par l’Union Européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.
Lors de l’introduction de la monnaie euro en Europe, d’autres pays européens ont découvert le système d’exploitation français. Beaucoup, en particulier les pays nordiques, ont été consternés et ont suggéré à la France se débarrasser du système, mais sans succès.
9 . Obligation d’envoyer le rapport annuel en France du solde et de la réserve
Sans le rapport, pas d’argent. Quoi qu’il en soit le secrétaire des banques centrales des ex-colonies, et le secrétaire de la réunion bi-annuelle des ministres des Finances des ex-colonies est effectué par la banque centrale française/Trésor.
10 . Renonciation à entrer en alliance militaire avec tout autre pays, sauf autorisation par la France
Les pays africains en général sont ceux ayant le moins d’alliances militaires inter-états. La plupart des pays ne disposent que d’alliances militaires avec leurs ex-colonisateurs ! (drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux!)
Dans les cas où ils souhaiteraient une autre alliance, la France les gardent bien de le faire.
11 . Obligation de s’allier avec la France en situation de guerre ou de crise mondiale
Plus d’un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme pendant la seconde guerre mondiale.
Leur contribution est souvent ignorée ou minimisée, mais quand vous pensez que cela a pris seulement 6 semaines à l’Allemagne pour vaincre la France en 1940, la France sait que les Africains pourraient être utiles pour conserver la « grandeur de la France » à l’avenir.
Il y a quelque chose de quasiment psychopathe dans la relation de la France avec l’Afrique.
Tout d’abord, la France est gravement accro au pillage et à l’exploitation de l’Afrique depuis l’époque de l’esclavage. Ensuite, il y a ce manque complet de créativité et d’imagination chez l’élite française à penser au-delà du passé et de la tradition.
Enfin, la France dispose de 2 institutions qui sont complètement gelées dans le passé, habitées par des paranoïaques psychopathes, « les hauts fonctionnaires » qui répandent la crainte de l’apocalypse si la France devait être amenée à changer, et dont la référence idéologique vient toujours du romantisme du 19è siècle. Ce sont: le ministère des Finances et du Budget français, et le ministère des Affaires Étrangères français.
Ces deux institutions ne sont pas seulement une menace pour l’Afrique, mais pour les Français eux-mêmes.
C’est à nous que revient de libérer l’Afrique, sans en demander la permission, parce que je ne peux toujours pas comprendre par exemple comment 450 soldats français en Côte d’Ivoire pourraient contrôler une population de 20 millions de personnes?
La première réaction des gens, lorsqu’ils apprennent l’existence de l’impôt colonial français est souvent une question: « Jusqu’à quand? »
A titre de comparaison historique, la France a fait payer à Haïti l’équivalent moderne de 21 milliards de dollars de 1804 à 1947 (près d’un siècle et demi) pour les pertes causées aux marchands d’esclaves français suite à l’abolition de l’esclavage et à la libération des esclaves haïtiens.
Les pays africains payent la taxe coloniale depuis les 50 dernières années, donc je pense qu’un siècle de paiement supplémentaire pourrait être de trop.
Mawuna Remarque KOUTONIN
Traduit par l’équipe communication du Collectif Map
Washington peut-il renverser trois gouvernements à la fois
source : http://www.reseauinternational.net/washington-peut-il-renverser-trois-gouvernements-a-la-fois/
La puissance d’un État se mesure à sa capacité à se défendre et à celle d’attaquer sur un ou plusieurs fronts. Dans cette optique, Washington tente pour la première fois de montrer qu’il peut renverser trois gouvernements simultanément, en Syrie, en Ukraine et au Venezuela. S’il y parvenait personne ne serait plus en mesure de lui résister.
Washington, qui a échoué en 2011 à bombarder simultanément la Libye et la Syrie, est en train de tenter une nouvelle démonstration de sa force : organiser des changements de régime dans trois États à la fois, dans des régions du monde différentes : la Syrie (CentCom), l’Ukraine (EuCom) et le Venezuela (SouthCom).
Pour ce faire, le président Obama a mobilisé presque toute l’équipe de son Conseil de sécurité nationale.
D’abord la conseillère Susan Rice et l’ambassadrice à l’ONU, Samatha Power. Ces deux femmes sont des championnes du parler «démocratique». Elles se sont faites une spécialité, depuis de nombreuses années, de préconiser l’ingérence dans les affaires intérieures des autres États sous prétexte de prévenir des génocides. Mais derrière ce discours généreux, elles se moquent des vies non-états-uniennes comme l’a montré Mme Power lors de la crise des armes chimiques de la ghoutta. L’ambassadrice, qui connaissait parfaitement l’innocence des autorités syriennes, était partie avec son époux assister en Europe à un festival de cinéma consacré à Charlie Chaplin, tandis que son gouvernement dénonçait un crime contre l’humanité dont il rendait responsable le président el-Assad.
Puis, les trois responsables régionaux : Philip Gordon (Proche-Orient et Afrique du Nord), Karen Donfried (Europe et Eurasie) et Ricardo Zuñiga (Amérique latine).
• Phil Gordon (ami personnel et traducteur de Nicolas Sarkozy) a organisé le sabotage de la Conférence de paix de Genève 2, tant que le dossier palestinien ne serait pas réglé à la manière US. Durant la seconde session de la conférence, alors que John Kerry parlait de paix, il réunissait à Washington les chefs des services secrets jordaniens, qataris, saoudiens et turcs pour préparer une énième attaque. Les comploteurs ont réuni une armée de 13 000 hommes, dont seul 1 000 ont reçu une brève formation militaire, pour conduire des blindés et prendre Damas. Le problème est que la colonne risque d’être détruite par l’Armée syrienne avant d’arriver sur la capitale. Mais ils ne parviennent pas à s’entendre sur la manière de la défendre sans distribuer des armes anti-aériennes qui puissent ultérieurement servir contre Israël.
• Karen Donfried est l’ancienne officier national de renseignement pour l’Europe. Elle a longtemps dirigé le German Marshall Fund à Berlin. Aujourd’hui, elle manipule l’Union européenne pour masquer l’interventionnisme de Washington en Ukraine. Malgré la fuite d’une conversation téléphonique de l’’ambassadrice Victoria Nuland, elle est parvenue à faire croire aux Européens que l’opposition à Kiev voulait les rejoindre et se battait pour la démocratie. Pourtant, plus de la moitié des émeutiers de la place Maidan sont membres de partis nazis et arborent des portraits du Collaborateur Stepan Bandera.
• Enfin Ricardo Zuñiga est le petit fils du président homonyme du Parti national du Honduras qui organisa les putschs de 1963 et de 1972 en faveur du général López Arellano. Il dirigea la station de la CIA à La Havane où il recruta des agents et les finança pour former l’opposition à Fidel Castro. Il a mobilisé l’extrême gauche trotskiste vénézuélienne pour renverser le président Nicolás Maduro, accusé d’être stalinien.
• Phil Gordon (ami personnel et traducteur de Nicolas Sarkozy) a organisé le sabotage de la Conférence de paix de Genève 2, tant que le dossier palestinien ne serait pas réglé à la manière US. Durant la seconde session de la conférence, alors que John Kerry parlait de paix, il réunissait à Washington les chefs des services secrets jordaniens, qataris, saoudiens et turcs pour préparer une énième attaque. Les comploteurs ont réuni une armée de 13 000 hommes, dont seul 1 000 ont reçu une brève formation militaire, pour conduire des blindés et prendre Damas. Le problème est que la colonne risque d’être détruite par l’Armée syrienne avant d’arriver sur la capitale. Mais ils ne parviennent pas à s’entendre sur la manière de la défendre sans distribuer des armes anti-aériennes qui puissent ultérieurement servir contre Israël.
• Karen Donfried est l’ancienne officier national de renseignement pour l’Europe. Elle a longtemps dirigé le German Marshall Fund à Berlin. Aujourd’hui, elle manipule l’Union européenne pour masquer l’interventionnisme de Washington en Ukraine. Malgré la fuite d’une conversation téléphonique de l’’ambassadrice Victoria Nuland, elle est parvenue à faire croire aux Européens que l’opposition à Kiev voulait les rejoindre et se battait pour la démocratie. Pourtant, plus de la moitié des émeutiers de la place Maidan sont membres de partis nazis et arborent des portraits du Collaborateur Stepan Bandera.
• Enfin Ricardo Zuñiga est le petit fils du président homonyme du Parti national du Honduras qui organisa les putschs de 1963 et de 1972 en faveur du général López Arellano. Il dirigea la station de la CIA à La Havane où il recruta des agents et les finança pour former l’opposition à Fidel Castro. Il a mobilisé l’extrême gauche trotskiste vénézuélienne pour renverser le président Nicolás Maduro, accusé d’être stalinien.
L’ensemble des opérations est médiatisé sous la houlette de Dan Rhodes. Ce spécialiste de la propagande a déjà écrit la version officielle du 11-Septembre 2001, en rédigeant le rapport de la commission d’enquête présidentielle. Il a réussi à faire disparaître toute trace du coup d’État militaire (le pouvoir a été retiré des mains de George W. Bush vers 10h du matin et ne lui a été restitué que le soir; tous les membres de son cabinet et ceux du Congrès ont été placés dans des bunkers sécurisés pour «garantir leur sécurité») pour que l’on ne se souvienne que des attentats.
Dans les trois cas, la narration US repose sur les mêmes principes : accuser les gouvernements d’avoir tué leurs propres citoyens, qualifier les opposants de «démocratiques», prendre des sanctions contre les «meurtriers», et en définitive opérer des coups d’État.
Chaque fois, le mouvement débute par une manifestation au cours de laquelle des opposants pacifiques sont tués, et où les deux camps s’accusent des violences. En réalité des forces spéciales US ou de l’Otan, placées sur les toits, tirent à la fois sur la foule et sur la police. Ce fut la cas à Deraa (Syrie) en 2011, à Kiev (Ukraine) et à Caracas (Venezuela) cette semaine. Manque de chance, les autopsies pratiquées au Venezuela montrent que deux victimes, un opposant et un pro-gouvernement, ont été tuées par la même arme.
Qualifier les opposants de démocratiques est un simple jeu rhétorique. En Syrie, ce sont des takfiristes soutenus par la pire dictature de la planète, l’Arabie saoudite; en Ukraine quelques pro-européens sincères entourés de nombreux nazis; au Venezuela de jeunes trotskistes de bonnes familles entourés de milices patronales. Partout le faux opposant US, John McCain, vient apporter son soutien aux vrais et faux opposants locaux.
Le soutien aux opposants incombe à la National Endowment for Democracy (NED). Cette agence du gouvernement états-unien se présente mensongèrement comme une ONG financée par le Congrès. Mais elle fut créée par le président Ronald Reagan, en association avec le Canada, le Royaume-Uni et l’Australie. Elle est dirigée par le néoconservateur Carl Gershman et la fille du général Alexander Haig (ancien suprême commandeur de l’Otan, puis secrétaire d’État), Barbara Haig. C’est la NED (en réalité le département d’État) qui emploie le sénateur d’«opposition» John McCain.
À ce dispositif, il faut ajouter l’Albert Einstein Institute, une «ONG» financée par l’Otan. Créé par Gene Sharp, il a formé des agitateurs professionnels à partir de deux bases, en Serbie (Canvas) et au Qatar (Academy of change).
Dans tous les cas Susan Rice et Samantha Power prennent des airs outragés avant d’arrêter des sanctions —bientôt relayées par l’Union européenne—, alors qu’elles sont les commanditaires des violences.
Reste à réussir les coups d’État. Et ce n’est pas gagné.
Chaque fois, le mouvement débute par une manifestation au cours de laquelle des opposants pacifiques sont tués, et où les deux camps s’accusent des violences. En réalité des forces spéciales US ou de l’Otan, placées sur les toits, tirent à la fois sur la foule et sur la police. Ce fut la cas à Deraa (Syrie) en 2011, à Kiev (Ukraine) et à Caracas (Venezuela) cette semaine. Manque de chance, les autopsies pratiquées au Venezuela montrent que deux victimes, un opposant et un pro-gouvernement, ont été tuées par la même arme.
Qualifier les opposants de démocratiques est un simple jeu rhétorique. En Syrie, ce sont des takfiristes soutenus par la pire dictature de la planète, l’Arabie saoudite; en Ukraine quelques pro-européens sincères entourés de nombreux nazis; au Venezuela de jeunes trotskistes de bonnes familles entourés de milices patronales. Partout le faux opposant US, John McCain, vient apporter son soutien aux vrais et faux opposants locaux.
Le soutien aux opposants incombe à la National Endowment for Democracy (NED). Cette agence du gouvernement états-unien se présente mensongèrement comme une ONG financée par le Congrès. Mais elle fut créée par le président Ronald Reagan, en association avec le Canada, le Royaume-Uni et l’Australie. Elle est dirigée par le néoconservateur Carl Gershman et la fille du général Alexander Haig (ancien suprême commandeur de l’Otan, puis secrétaire d’État), Barbara Haig. C’est la NED (en réalité le département d’État) qui emploie le sénateur d’«opposition» John McCain.
À ce dispositif, il faut ajouter l’Albert Einstein Institute, une «ONG» financée par l’Otan. Créé par Gene Sharp, il a formé des agitateurs professionnels à partir de deux bases, en Serbie (Canvas) et au Qatar (Academy of change).
Dans tous les cas Susan Rice et Samantha Power prennent des airs outragés avant d’arrêter des sanctions —bientôt relayées par l’Union européenne—, alors qu’elles sont les commanditaires des violences.
Reste à réussir les coups d’État. Et ce n’est pas gagné.
Washington tente ainsi de montrer au monde qu’il est toujours le maître. Pour être plus sûr de lui-même, il a lancé les opérations ukrainiennes et vénézuéliennes durant les Jeux Olympiques de Sotchi. Il était certain que la Russie ne bougerait pas de peur de voir sa fête troublée par des attentats islamistes. Mais Sotchi a pris fin ce week-end. C’est désormais au tour de Moscou de jouer.
En état de somnambulisme encore une fois – Paul Craig Roberts
En état de somnambulisme encore une fois – Paul Craig Roberts
Au 100e anniversaire de la Première Guerre Mondiale, les puissances occidentales sont de nouveau en état de somnambulisme dans un conflit destructeur. L’ambition hégémonique de Washington le pousse à s’ingérer dans les affaires intérieures de l’Ukraine, mais l’évolution semble se déplacer au-delà de sa volonté.
Le changement de régime en Ukraine pour seulement 5 milliards de dollars serait une aubaine par rapport aux sommes colossales gaspillées en Irak (3000 milliards de dollars), l’Afghanistan (3000 milliards de dollars), la Somalie et la Libye, ou l’argent que Washington gaspille à tuer des gens avec des drones au Pakistan et au Yémen, ou l’argent dépensé pour soutenir Al-Qaïda en Syrie, ou encore les sommes énormes gaspillées pour encercler l’Iran avec 40 bases militaires et plusieurs flottes dans le golfe Persique dans le but de le terroriser et l’amener à la soumission.
Jusqu’ici, dans la tentative de Washington de procéder à un changement de régime en Ukraine il n’y a pas eu beaucoup d’Américains tués ou mutilés. Seuls les Ukrainiens sont en train de mourir, ce qui est excellent pour Washington dans la mesure où les décès seront à mettre sur dos du gouvernement ukrainien que les États-Unis ont pris pour cible.
Le problème avec le complot de Washington visant à renverser le gouvernement élu de l’Ukraine et installer ses sbires est double: d’une part, les marionnettes américaines choisies ont perdu le contrôle des manifestations au profit d’éléments radicaux armés ayant des liens historiques avec le nazisme, et d’autre part la Russie voit une prise de contrôle de l’Ukraine par l’UE / OTAN comme une menace stratégique pour son indépendance.
Washington oublie que la partie financièrement viable de l’Ukraine d’aujourd’hui se compose de provinces historiquement russes, à l’est et au sud, que la direction soviétique a fusionné à l’Ukraine afin de diluer les éléments fascistes dans l’ouest du pays, qui se sont battus pour Adolf Hitler contre l’Union soviétique. Ce sont ces éléments ultra-nationalistes avec des racines nazis, et non pas les marionnettes choisies par Washington, qui sont maintenant à la tête de la rébellion armée dans l’ouest de l’Ukraine.
Si le gouvernement ukrainien démocratiquement élu est renversé, les parties orientales et méridionales iront rejoindre la Russie. La partie occidentale sera pillée par les banquiers et les sociétés occidentales, et les bases de l’OTAN en Ukraine seront visées par des missiles russes Iskander.
Ce sera une défaite pour Washington et ses naïves dupes ukrainiennes quand ils verront la moitié du pays retourner à la Russie. Pour sauver la face, Washington pourrait provoquer une grande confrontation entre puissances, ce qui pourrait être la fin de chacun d’entre nous.
Ma série d’articles sur la situation en Ukraine a donné lieu à un certain nombre d’interviews, à partir du Canada, avec la Russie, et d’autres qui sont prévus prochainement. Cela a également produit des diatribes émotionnelles de personnes d’origine ukrainienne dont les délires sont imperméables aux faits. Ces russophobes dérangés considèrent que c’est de la propagande quand on leur parle du rapport, facilement vérifiable, sur la déclaration publique de la secrétaire d’état adjoint Nuland, en Décembre dernier, dans lequel elle se vantait que Washington avait dépensé 5 milliards de dollars pour préparer l’Ukraine à être alignée avec les intérêts de Washington. Les sympathisants des manifestants affirment que l’appel téléphonique intercepté entre Nuland et l’ambassadeur américain en Ukraine, dans laquelle les deux responsables américains ont choisi le gouvernement qui serait installé après le coup d’état, est un faux.
Une personne a même suggéré que ma position doit s’aligner avec la « sincérité des étudiants de Kiev, » et pas avec les faits.
Certains « Trekkers and Trekkies » (NDT : polémique sur comment appeler les membres de Star Trek) étaient plus préoccupés par le fait que j’ai usé d’un titre incorrect pour Spock (NDT : Mr au lieu de Dr) qu’ils ne l’étaient à la perspective d’une grande confrontation entre puissances. Le but de mon article s’est envolé dans l’espace et a raté la planète Terre.
Les pouvoirs mentaux de Spock étaient la meilleure arme que le Vaisseau Enterprise avait. Parmi mes amis de l’école d’études supérieures, Spock était connu comme le Dr Spock, parce qu’il était le membre cool, calme et impassible de l’équipage qui pouvait diagnostiquer les problèmes et sauver la situation.
Il n’y a aucun Spock aux États-Unis ni dans tout autre gouvernement occidental et certainement pas parmi les manifestants ukrainiens.
Je me suis souvent demandé si la particularité de Spock due à ses origines de Vulcan n’était pas, pour Roddenberry (NDT : le créateur de Star Trek), le moyen de souligner, par le contraste, la fragilité de la raison humaine. Dans le contexte des technologies militaires modernes, est-il possible à la Vie de survivre au penchant de l’humanité à laisser l’émotion l’emporter sur la raison et l’auto-illusion sur la réalité des faits?
Traduction Avic
- Comment on réécrit l’histoire de l’esclavage.
Comment on réécrit l’histoire de l’esclavage.
Après le 11 Septembre, un vaste programme s’est progressivement mis en place pour présenter le monde arabo-musulman comme l’ennemi de tous. Il fallait d’abord enraciner cette idée dans le monde occidental en présentant l’Islam comme générateur d’obscurantisme, de destruction et de barbarie, en instrumentalisant quelques-uns de ses adeptes de manière à obtenir une vision globalement négative des arabes. Vers la fin de la première décennie de ce siècle, les promoteurs de ce projet se sont attelés à étendre cette vision dans le monde noir. Comment y parvenir ? En refaisant l’histoire autour du seul point de contact entre les arabes et l’Afrique Noire, le commerce et l’esclavage à travers les siècles. En forçant les traits et en exagérant les chiffres, il était possible de coller aux arabo-musulmans l’image des pires négriers de l’Histoire. Dans le contexte de repentance qui régnait alors, cela permettait d’exonérer les européens du poids historique de la traite des noirs. C’était également une manière de dire à ceux qui avaient osé réclamer une égalité de traitement des mémoires : « allez voir chez les arabes, ici la seule repentance qui vaille c’est celle vis-à-vis de l’holocauste ».
Tidiane N’Diaye – Le Génocide Voilé ou La Traite Négrière Arabo-Musulmane.
Pour bien alourdir le tableau, des chiffres défiant l’imagination sont avancés, chiffres que l’on tente de valider en citant quelques noms d’explorateurs célèbres comme Stanley ou Brazza, ou en se référant à quelques grandes figures du monde arabe comme Ibn Khaldoun dont le racisme notoire (pas plus que celui de Victor Hugo) est mis en avant. Pour donner encore plus de crédibilité au narratif on va jusqu’à invoquer la Bible en citant l’esclavage des hébreux en Egypte, que la tradition chiffre aussi par millions. Le but étant de nous présenter le pire crime de toute l’Histoire de l’Humanité, les chiffres se devaient d’être bien supérieurs à tous ceux connus jusqu’ici. A côté des 11 à 12 millions d’esclaves transatlantiques, le chiffre de 17 millions de noirs déportés par les arabes, soit un tiers de plus, pouvait faire bonne mesure. Cela représente tout de même, sur un millénaire de trafic, 17 000 esclaves par an, ou environ 1 500 esclaves par mois dans un va-et-vient transsaharien incessant qui pourrait nous rappeler les grands départs en vacances actuels.
11 millions d’esclaves transportés par bateaux entiers, vers les côtes américaines et des caraïbes, ça se voit forcément. La déportation de tant de personnes nécessite un minimum d’organisation et d’infrastructure. Nous en voyons encore des traces à l’Ile de Gorée, au Bénin et ailleurs. A l’autre bout de l’Atlantique, les descendants des déportés sont toujours là, bien visibles. N’étant d’abord que des marchandises dans un commerce florissant, à leur départ d’Afrique et à leur arrivée aux Amériques, les esclaves deviennent ensuite des outils de production générant des fortunes. L’esclavage a boosté la prospérité de l’Occident et a eu des conséquences majeures sur les luttes pour le pouvoir grâce au renforcement de certaines castes ou familles ou en en créant d’autres. De manière directe ou indirecte, les effets de l’esclavage sont toujours là, sous nos yeux.
Comment se fait-il alors qu’avec 17 millions d’esclaves il n’y ait aucune trace de genre ? Sachant que durant la période concernée par ce commerce, la population mondiale totale n’était que de 500 millions d’habitants (moins de 200 millions au début de l’ère musulmane et un peu plus de 600 millions à la fin du 18ème siècle), le chiffre de 17 millions d’esclaves importés dans des zones relativement désertiques est énorme. La réponse est tout aussi énorme. Un plan génocidaire, genre solution finale, les attendait. Dès leur arrivée, tous les mâles se faisaient castrer. Vu leur nombre, le métier de castrateur devait être recherché. Des castrateurs, il y en avait. Il y avait même des villes dédiées comme Prague et Verdun, mais ces centres de castration, pourvoyeurs du monde musulman car l’Islam interdit cet acte à ses adeptes, s’occupaient surtout d’esclaves européens comme les saxons, les européens de l’est et surtout les slaves. Les récits historiques qui décrivent les somptueux palais byzantins ou ottomans, grands consommateurs d’esclaves, n’omettent pas de parler des serviteurs et des eunuques. Si quelques-uns d’entre eux sont noirs, l’immense majorité est de race blanche, et ils n’étaient pas tous castrés. Pourquoi seuls les quelques noirs parmi la masse des esclaves l’étaient-ils systématiquement ? Pur sadisme, peur du noir ?
Cette version, outre le fait qu’elle prétend expliquer la rareté actuelle des noirs au Moyen-Orient, a l’avantage de pouvoir être immédiatement gobée car elle fait appel à notre imaginaire de l’arabe avec ses harems aux milliers de femmes voilées gardées par des eunuques grassouillets, un cimeterre leur barrant la poitrine et éventant le calife assoupi.
Ce narratif suppose d’abord que l’arabe est un idiot très riche, comme la caricature nous le représente aujourd’hui. Il dépense beaucoup d’argent pour acquérir un bien, qu’il se dépêche aussitôt de détruire, quitte à être obligé d’en racheter d’autres. Tel qu’il est représenté, l’arabe n’a aucune notion d’investissement et ne possède des esclaves que pour le plaisir d’en posséder. Ce ne sont pour lui que des objets que l’on remplace en cas de décès ou d’invalidité.
Génocide oui, mais en secret. Ce secret n’a, bien entendu, pu être gardé que grâce à la volonté des autorités, non seulement arabes, mais également africaines actuelles. Pour narrer cette histoire, on a choisi un écrivain noir, anthropologue et économiste. D’autres travaux avaient déjà été effectués par le passé. Les chiffres issus de ces travaux se situent dans une large fourchette de 4.5 millions à 17 millions, ce qui montre toute la difficulté de faire ne serait-ce qu’une estimation approximative de l’ampleur du trafic qui, disons-le tout de suite, a bien existé. Contrairement à la traite négrière transatlantique pour laquelle nous disposons de chiffres, même falsifiés, de registres, de traces de transaction, il n’existe aucun document de ce type concernant l’esclavage des noirs par les arabo-musulmans. Mais malgré le manque flagrant de données, notre économiste choisit le chiffre le plus élevé pour construire son histoire de génocide programmé.
Il aurait pu en rester là, car les candidats à gober cette histoire sans se poser la moindre question sont légions. Il y a tous ceux qui ont besoin de justifier leur haine de l’arabe ainsi que tous ceux qui en ont assez d’endosser toutes les exactions des générations précédentes et qui trouvent que les indemnisations des victimes de l’holocauste sont bien assez suffisantes sans, en plus, qu’on leur rajoute la guerre d’Algérie, la traite des noirs et la colonisation. Mais il fallait qu’en plus cette histoire arrive à banaliser la traite transatlantique en la présentant comme un épiphénomène à côté du grand génocide arabo-musulman, et qu’elle puisse également supprimer toute responsabilité de l’Europe en montrant que la traite négrière transatlantique est le fait des noirs eux-mêmes. En clair, cela veut dire que si les noirs d’Amérique et des Caraïbes sont là où ils sont aujourd’hui, c’est parce que leurs ancêtres ont été vendus par leurs frères (mais pas ceux qui sont dans les terres arabo-musulmane dont les aïeux ont miraculeusement échappé à la castration ?). Les négriers vivant du commerce triangulaire, sans être vraiment des humanitaires, ne sont en fin de compte que de paisibles commerçants ayant trouvé là une opportunité. Et ça marche. Aujourd’hui presque personne n’ose parler de la traite négrière autrement que de manière superficielle sous peine de voir fuser l’argument choc : les esclavagistes, ce sont les noirs eux-mêmes.
Avec des demi-vérités, on arrive à prouver tout et son contraire. Il y avait des africains esclavagistes et certains le sont encore aujourd’hui, c’est un fait. Cela ne gomme en rien ce qui se passait pendant les traversées et, plus tard, dans les champs de coton ou de canne à sucre. Il y avait également des esclavagistes arabes et on en trouve encore aujourd’hui aux confins du Sahara. Cela ne suffit pas pour construire une histoire dont les buts sont, pour le moins, douteux. Pire, cette histoire dessert la cause de ceux qui luttent pour éradiquer l’esclavage dans les endroits où il sévit encore en Afrique. Ceux qui le pratiquent encore sont prompts à nier toute similitude entre ce qu’ils font et les travaux forcés des esclaves d’Amérique ou la castration supposée de ceux des pays arabo-musulmans. Et effectivement, les formes d’esclavage sont complètement différentes, principalement parce que leur finalité n’est pas la même. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’êtres humains appartenant à d’autres êtres humains. Si, chez les noirs l’esclavage tend à perdre son sens parce que la notion de possession tend à disparaître, il détermine néanmoins, dans certains endroits, les relations sociales.
Plus au nord, en revanche, dans la partie saharienne de l’Afrique, l’esclavage, bien que clandestin, sévit encore et toujours dans sa forme la plus ancestrale. Les rapts d’enfants du sud du Sahara par les arabo-berbères du nord ont perduré jusqu’au milieu du siècle dernier, et les esclaves d’aujourd’hui sont les descendants de générations d’enfants kidnappés sur les bords des fleuves Sénégal et du Niger. Les maîtres traitent leurs esclaves selon la logique de tout esclavagiste, c’est-à-dire comme ils traiteraient leurs chameaux ou leurs moutons. Nous sommes loin des fanatiques génocidaires que nous décrit notre économiste. Malgré les lois, faiblement répressives il est vrai, l’esclavage continue à exister dans les zones de nomadisme, rarement accessibles par les forces de police ou de gendarmerie. Parmi les esclaves, certains cherchent et arrivent à s’échapper, mais il en existe d’autres qui préfèrent la sécurité alimentaire à la liberté, ce qui rend d’autant plus difficile le travail des associations des anciens esclaves et des autorités qui se contentent, sous la pression, de mettre en place des lois sans chercher à se doter de moyens pour les appliquer.
La lutte contre cet esclavage archaïque et contre l’esclavage moderne, voilà qui mériterait d’attirer l’attention d’un anthropologue. Une telle lutte n’ouvre peut-être pas les portes pour les grands postes universitaires, ni celles des grandes maisons d’édition, mais, avec ou sans résultats, elle est honnête, et certainement plus gratifiante du point de vue anthropologique. C’est une lutte qui s’inscrit au sein d’une lutte beaucoup plus large, la recherche de la vérité. Vouloir dévoiler des choses cachées avec des intentions cachées n’est pas la recherche de la vérité. Il n’est pas besoin d’inventer des scénarios imaginaires pour dire que l’esclavage a causé des ravages sans nom en Afrique, qu’il a été pratiqué par les noirs et, à grande échelle, par les arabes et les européens, tout comme il fut pratiqué à grande échelle en Europe et en Asie. Tenter d’en attribuer les causes à certains groupes humains en mettant en avant leur race, leur religion ou quelque autre particularité, c’est nier ce qui est pourtant évident, que c’est l’Homme lui-même qui est esclavagiste. Pour pratiquer l’esclavage (quelle qu’en soit la forme), cela ne dépend que de ses capacités à le faire. Le puissant a toujours cherché à asservir le plus faible et ça ne s’est jamais démenti, ni hier, ni aujourd’hui. Seule une prise de conscience de cet état de fait, loin des narratifs plus ou moins arrangés, pourrait permettre de gérer ce fléau humain qu’est la volonté de domination du faible, assortie de l’acceptation d’être dominé par le plus fort.
Avic
Le terrorisme international : un vrai mystère…
Le terrorisme international : un vrai mystère…
Si l’on en croit les chroniqueurs, les analystes, les islamistes eux-mêmes, la menace terroriste est globale. Les djihadistes sont actuellement concentrés en Syrie, mais on prévoit déjà l’après Syrie, craignant leur déferlement dans les autres parties du monde. On craint leur déploiement en Europe, en Afrique où ils ont déjà pointé leur nez, en Chine, en Inde, en Russie. Ils sont présents au Liban, en Irak, en Afghanistan. Ils sévissent au Sinaï en Egypte. On craint pour la Jordanie et, malgré le fait que leur source de financement provient de certains états du Golfe, on tremble pour un retour de bâton où les saoudiens et les émirati se trouveraient être victimes de leur Frankenstein. Les Etats-Unis, quant à eux, depuis le 11 septembre, continuent à vivre comme s’ils étaient assiégés par des hordes de terroristes.
Tous les pays du monde attendent leur heure. Tous ? Non, il en reste un, irréductible, qui n’a que faire des menaces pour la bonne raison qu’il n’y en a pas. C’est Israël. Tous les djihadistes du monde gravitent autour de cet état mais, non seulement ils ne représentent aucune menace pour Israël, mais tous les chroniqueurs et analystes le savent, puisqu’ils ne le mentionnent même pas.
En d’autres termes, le monde entier est mis en danger par le terrorisme international personnifié par des djihadistes islamistes fanatisés sauf… Israël, sensé pourtant être leur pire ennemi. Comment fait-il ? Il y a là un vrai mystère.
Avic
Les États-Unis, premiers financiers mondiaux du terrorisme
Les États-Unis, premiers financiers mondiaux du terrorisme
Tribune de Byblos
Depuis la guerre d’Afghanistan contre les Soviétiques, de nombreux auteurs ont mis en évidence le rôle des États-Unis dans le financement du terrorisme international. Cependant, jusqu’à aujourd’hui, il ne s’agissait que d’actions secrètes, jamais assumées sur le moment par Washington. Un pas décisif a été franchi avec la Syrie : le Congrès a voté le financement et l’armement de deux organisations représentant Al-Qaïda. Ce qui était jusque-là un secret de polichinelle devient désormais la politique officielle du « pays de la liberté » : le terrorisme.
La première semaine de la Conférence de paix de Genève 2 aura été pleine de rebondissements. Malheureusement, le public occidental n’en a pas été informé, victime de la censure qui l’opprime.
C’est en effet le principal paradoxe de cette guerre : les images sont l’inverse de la réalité. Selon les médias internationaux, le conflit oppose d’un côté, des États réunis autour de Washington et de Riyad qui prétendent défendre la démocratie et conduire la lutte mondiale contre le terrorisme, de l’autre la Syrie et ses alliés russes, inhibés à force d’être diffamés en dictatures manipulant le terrorisme.
Si tout le monde est conscient que l’Arabie saoudite n’est pas une démocratie, mais une monarchie absolue, la tyrannie d’une famille et d’une secte sur tout un peuple, les États-Unis ont l’image d’une démocratie et mieux encore du « pays de la liberté ».
Or, la principale information de la semaine a été censurée dans l’ensemble des États membres de l’Otan : le Congrès états-unien s’est réuni secrètement pour voter le financement et l’armement des « rebelles en Syrie » jusqu’au 30 septembre 2014. Vous avez bien lu. Le Congrès tient des séances secrètes dont la presse n’a pas le droit de faire mention. C’est pourquoi l’information, originellement publiée par l’agence britannique Reuters [1], a été scrupuleusement ignorée par toute la presse imprimée et audio-visuelle aux États-Unis et la plupart des médias en Europe occidentale et dans le Golfe. Seuls les habitants du « reste du monde » ont eu droit à connaître la vérité.
La liberté d’expression et le droit des citoyens à l’information sont pourtant des préalables à la démocratie. Ils sont mieux respectés en Syrie et en Russie qu’en Occident.
Personne n’ayant lu la loi adoptée par le Congrès, on ignore ce qu’elle stipule exactement. Cependant, il est clair que les « rebelles » en question ne cherchent pas à renverser l’État syrien —ils y ont renoncé—, mais à le « saigner ». C’est pourquoi, ils ne se comportent pas en soldats, mais en terroristes. Vous avez encore bien lu : les États-Unis, prétendument victimes d’Al-Qaïda le 11 septembre 2001 et depuis leaders de la « guerre globale au terrorisme », financent le principal foyer de terrorisme international où agissent deux organisations officiellement subordonnées à Al-Qaïda (le Front al-Nosra et l’Émirat islamique d’Irak et du Levant). Il ne s’agit plus là d’une manœuvre obscure des services secrets, mais d’une loi, pleinement assumée, même si elle a été adoptée à huis clos de manière à ne pas contredire la propagande.
D’un autre côté, on ne voit pas comment la presse occidentale, qui affirme depuis 13 ans qu’Al-Qaïda est l’auteur des attentats du 11-Septembre et ignore la destitution du président George W. Bush ce jour-là par les militaires, pourrait expliquer cette décision à son public. Effectivement, la procédure états-unienne de « Continuité du gouvernement » (CoG) est elle aussi protégée par la censure. De la sorte, les Occidentaux n’ont jamais su que, ce 11 septembre, le pouvoir avait été transféré des civils aux militaires, de 10h du matin jusqu’au soir, que durant cette journée les États-Unis avaient été gouvernés par une autorité secrète, en violation de leurs lois et de leur constitution.
Durant la Guerre froide, la CIA finançait l’écrivain George Orwell lorsqu’il imaginait la dictature du futur. Washington croyait ainsi éveiller les consciences au danger soviétique. Mais en réalité, jamais l’URSS ne ressembla au cauchemar de « 1984 », tandis que les États-Unis en sont devenus l’incarnation.
Le discours annuel de Barack Obama sur l’état de l’Union s’est ainsi transformé en un exceptionnel exercice de mensonge. Devant les 538 membres du Congrès l’applaudissant debout, le président a déclaré : « Une chose ne changera pas : notre détermination à ce que des terroristes ne lancent pas d’autres attaques contre notre pays ». Et encore : « En Syrie, nous soutiendrons l’opposition qui rejette le programme des réseaux terroristes ».
Pourtant, lorsque la délégation syrienne à Genève 2 a soumis à celle sensée représenter son « opposition » une motion, exclusivement basée sur les résolutions 1267 et 1373 du Conseil de sécurité, condamnant le terrorisme, celle-ci l’a rejetée sans provoquer la moindre protestation de Washington. Et pour cause : le terrorisme, c’est les États-Unis, et le délégation de l’« opposition » reçoit ses ordres directement de l’ambassadeur Robert S. Ford, présent sur place.
Robert S. Ford, l’ancien assistant de John Negroponte en Irak. Au début des années 80, Negroponte avait attaqué la révolution nicaraguayenne en engageant des milliers de mercenaires qui, mêlés à quelques collaborateurs locaux, constituèrent les « Contras ». La Cour internationale de Justice, c’est-à-dire le tribunal interne des Nations Unies, condamna Washington pour cette ingérence qui ne disait pas son nom. Puis, dans les années 2000, Negroponte et Ford rejouèrent le même scénario en Irak. Cette fois, il s’agissait d’anéantir la résistance nationaliste en la faisant combattre par Al-Qaïda.
Pendant que les Syriens et la délégation de l’« opposition » discutaient à Genève, à Washington, le président poursuivait son exercice d’hypocrisie et assénait au Congrès qui l’applaudissait mécaniquement : « On lutte contre le terrorisme non seulement à l’aide du renseignement et des opérations militaires, mais aussi en restant fidèles aux idéaux de notre Constitution et en donnant l’exemple au monde (…) Et nous continuerons à travailler avec la communauté internationale pour faire naître l’avenir que mérite le peuple syrien – un avenir sans dictature, sans terreur et sans peur ».
La guerre livrée par l’Otan et le CCG à la Syrie a déjà fait plus de 130 000 morts —selon les chiffres du MI6 diffusés par l’Observatoire syrien des Droits de l’homme—, dont les bourreaux attribuent la responsabilité au peuple qui ose leur résister et à son président, Bachar el-Assad.
Source
Al-Watan (Syrie)
Al-Watan (Syrie)
http://www.voltairenet.org/article181987.html